Patrick Salameh: sûrement un tueur, absolument un fdp

Bonjour tout le monde, j’espère que vous allez bien ! Je sais, j’avais dit que je ferai un article pour Halloween, mais corona, impôts, gastro, ligaments croisés, vous connaissez les bails. Je vous prie d’accepter mes excuses.En ce qui concerne l’article d’aujourd’hui, je me suis dit qu’on avait assez craché sur le nord et qu’il est temps de prendre le TGV pour visiter d’autres contrées. Je vous ai donc trouvé un bolosse sudiste du nom de Patrick Salameh, qui ma foi n’a rien à envier à ses congénères nordistes.

Il était une fois un marseillais…

Patrick Salameh est né le 21 avril 1957 quelque part dans le Var, on s’en bat les couilles. Il grandit à Marseille dans un anonymat total, et à 30 ans il vit dans les quartiers nord et il a un restaurant, une femme et deux enfants. Un gars lambda. Mais la filsdeputerie ne saurait se satisfaire d’une telle normalité.

…qui aimait l’argent et la torture…

Un jour, en 1988, Patrick Salameh se dit que tenir un restaurant, c’est chiant et qu’il préférerait être un enculé à plein temps. Il se trouve donc des complices, et commence à cambrioler des maisons dans la région. Ce ne serait pas bien méchant si les wannabe Mesrine ne s’introduisaient pas chez les gens alors que les gens en question étaient là. Je suis sûre que leurs victimes auraient préféré se contenter des démarches imposées par le gars de l’assurance habitation plutôt que d’avoir aussi à gérer le stress post-traumatique provoqué par une prise d’otages où trois gars fouillaient dans les tiroirs pendant que Patrick s’amusait à torturer des familles entières et à agresser sexuellement tout ce qui avait deux chromosomes X. Même ses complices trouvaient que son niveau d’enculerie était excessif, et c’est probablement pour ça qu’ils l’ont balancé dès qu’ils se sont fait arrêté en 89 après avoir cambriolé des proches d’un mafieux de la région.


Dès la garde à vue, Patrick se mure dans le silence, et quand le juge lui demande lors de son procès en 93 pourquoi il n’a rien dit aux enquêteurs ou fait quoi que ce soit qui aurait pu alléger sa peine, cet enfant de Satan a répondu que c’était lui qui avait été torturé et que ça lui avait fait penser à Jean Moulin, et que donc il a gardé le silence comme lui. Laissez-moi répéter pour ceux qui n’ont pas mis leurs lunettes : CE MOUSTIQUE DES ENFERS S’EST COMPARÉ À JEAN MOULIN !!

Bref, le juge n’a pas été impressionné par sa ✨bravoure✨, et lui a mis vingt ans ferme dans sa vieille gueule de clochard sous crack.

…mais qui n’aimait ni la prison ni les femmes.

Pour un mec qui aime garder le silence, Patrick se fait vachement remarquer une fois en prison. Il essaie direct de s’évader en soudoyant des gardes (notons qu’il a réussi cette étape-là) et en sautant un grillage, mais il se pète la jambe comme la remontée d’égout qu’il n’assume pas d’être et est rapidement ramené à sa cellule. Conscient à ce moment-là que son point fort n’est pas l’athlétisme, il décide de se rabattre sur l’art. Il lit, il écrit, il peint, toujours avec ce même panache maléfique. Il écrit un espèce de manifesto faisant l’éloge d’Alfredo Stranieri, un tueur en série qu’il a rencontré dans les couloirs de la prison ou un truc dans le genre je sais pas parce que mdr g pa lu. Il peint aussi plein de toiles représentant des femmes, souvent nues, derrière des barreaux ou des grillages, et des personnages sans peau (après je sais pas, peut-être qu’ils ont juste de sacrés coups de soleil). Il finit quand même par se faire exposer dans des galeries, et je sais pas si ça en dit plus sur lui ou sur les cercles artistiques de l’époque.

Le système était clément, peut-être un peu trop…

Malgré une nouvelle tentative d’évasion (avec des explosifs, cette fois) en 95, Salameh(rde) est libéré en 2005. Il retrouve ainsi sa femme, qui n’a fait ni demande de divorce ni demande de permis de port d’arme, et ses enfants. Il se trouve un boulot de chef de chantier et continue d’exposer ses œuvres. J’appellerais ça un retour à la normale si ce rat de métro n’occupait pas en cachette un appartement près de la maison familiale.

…alors le marseillais s’est déchaîné.

C’est dans cet appartement que se dérouleront les faits qui font que je suis en train d’écrire cet article. Le 5 octobre 2008, Iryna Sytnyk, un prostituée ukrainienne de 42 ans, disparaît pendant la nuit. Le 22 octobre, c’est au tour de Cristina Bahulea, une prostituée roumaine de 23 ans, de disparaître en laissant toutes ses affaires dans sa chambre d’hôtel, où elle logeait depuis son arrivée récente en France. Enfin, le 7 novembre, Zineb Chebout, une prostituée algérienne de 28 ans, dit à sa mère qu’elle va faire une course, et ne revient pas. Heureusement, cette fois une amie de Zineb peut donner des indices aux enquêteurs. Elle raconte qu’elle a discuté avec Zineb au téléphone avant qu’elle ne rejoigne un mystérieux client, qui lui avait réservé la nuit pour 900€, une somme énorme par rapport aux prix habituels.

Iryna et Zineb

Les enquêteurs se rendent rapidement compte qu’ils ont à faire à un taré déter, alors ils mettent les bouchées doubles. Ils se renseignent auprès des travailleuses du coin, et le nom de Patrick Salameh fait rapidement surface. Il trouvent notamment Soumia El Kandadi, une prostituée qui affirme que Patrick Salameh l’a violée et séquestrée pendant 6 heures, dans la nuit du 5 au 6 octobre, et qu’elle n’a réussi à s’en sortir qu’en se soumettant complètement. Elle raconte qu’en quittant le domicile de Salameh, elle a vu le corps d’une femme dans sa baignoire. Salameh lui aurait alors dit : « Voilà le sort que je réserve aux femmes qui ne m’obéissent pas ». La date correspond à la disparition d’Iryna. Les enquêteurs retrouvent d’ailleurs la puce téléphonique de celle-ci dans le téléphone d’un jeune du coin, qui avoue rapidement que c’est Salameh qui la lui a donnée.


En ayant assez vu et entendu, les policiers placent Patrick en garde à vue le 15 novembre 2008.

Mais il n’en était pas à son coup d’essai.

Fatima Saiah

Une fois Salameh en détention, Soumia, sa seule survivante, indique aux enquêteurs où est son appartement secret et où sont les indices à l’intérieur. On retrouve ainsi des cordes, l’ADN des trois disparues, un bracelet et la culotte de Zineb. Cependant, on ne retrouve aucune trace de violence, et les corps sont introuvables. On interroge Salameh, mais cet engeance de caniveau n’ouvre la bouche que pour tout nier en bloc. Au début, il dit ne connaître aucune des victimes, mais quand on lui répond qu’il y a pourtant leur ADN partout chez lui, il change de version. Askip il aurait seulement eu des relations sexuelles tarifées avec elles, et ne les auraient pas revues depuis. Sacré coïncidence…En parlant de coïncidence, les enquêteurs commencent à faire le lien entre Salameh et une autre disparition survenue un peu plus tôt dans l’année. En effet, Fatima Saiah, une étudiante de 20 ans, a disparu le 7 mai 2008 après avoir répondu à une offre de babysitting.

Son compagnon l’a déposée près de l’appartement secret de Salameh, et quelques heures plus tard, il a reçu un sms disant qu’elle allait chez des amis et qu’elle le rejoindrait le weekend suivant. Le truc, c’est qu’il était censé venir la chercher. Quand elle ne donne pas signe de vie le lendemain, ses parents se rendent au commissariat.Les enquêteurs découvrent que l’appel pour le babysitting a été passé depuis une cabine téléphonique, et une SDF viendra plus tard témoigner que Salameh l’a payée pour passer l’appel.Le rat d’égout est dos au mur.

Acculé, le marseillais se donne en spectacle…

Hors d’état de nuire, Salameh est enfin présenté au juge en mars 2014. Il a le soutien de toute sa famille qui soutient que « c’est un braqueur, mais il ne ferait pas de mal aux gens ». Ils devaient sûrement être en train de faire la queue aux toilettes en 93 quand le gars qui s’était fait torturé pour l’équivalent de 450€ a témoigné. Du côté de la défense, on affirme que « si Patrick Salameh n’était pas Patrick Salameh, il ne serait pas là aujourd’hui ». Euuh…bitch…oui ? L’intéressé, lui, à l’air déterminé à faire chier. Il insulte les magistrats, les témoins, il coupe la parole, bref, il fait le fifou. Il prétend même que Zineb lui a laissé son bracelet et sa culotte de bon cœur. Mais bien sûr !

…et enfin, le rideau tombe.

Le fait qu’on ait jamais retrouvé les corps des disparues représentait un risque pour l’accusation, mais heureusement les arguments étaient assez solides. Salameh a donc pris perpèt’ pour la disparition des trois prostituées, et en octobre 2015, il reprend perpèt’ avec une peine de sûreté de 22 ans pour la disparition de Fatima Saiah. Les peines ont été confirmées en appel en 2016, mais Salameh(rde) a annoncé vouloir se pourvoir en cassation et clame toujours son innocence. J’imagine qu’il va continuer de crier dans le vide jusqu’à ce que mort s’en suive, et qu’on va continuer à s’en battre les couilles. À part s’il s’évade, mais bon vu comment ses essais précédents se sont passés…

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