Jocelyne Bourdin et Marc Fasquel, ou le road trip du vice

Bonjour tout le monde ! Pour l’article d’aujourd’hui, on va pas se foutre de la gueule du Sud ou du Nord en particulier, vu qu’on part sur un petit Tour de France de la pagaille. Comment introduire les sujets d’aujourd’hui ? Disons que c’est un couple qui s’est éclaté dans le crime, avant de connaître une fin tragique. Des Roméo et Juliette de la fils de puterie, en gros.

Faites gaffe aux petites annonces

Notre affaire commence le 27 décembre 1985 à la gare de Barbezieux, en Charente. Martine Rénéric, 25 ans, a rendez-vous avec un couple qui lui a proposé un emploi d’ambulancière. Elle se dit que ça va bien se passer, vu qu’elle est accompagnée de son père. Et elle a raison, au début. Le couple, Martine et le père de celle-ci vont dîner dans un restaurant, et tout se passe bien. Rassuré, le père de Martine rentre chez lui près de Pau, à 500km. Martine, elle aussi rassurée, part avec ses nouveaux « employeurs » pour négocier son contrat de travail. Et dès qu’elle entre dans la maison, y a un gros changement d’ambiance.

L’homme la menace avec une arme à feu, l’oblige à se déshabiller, lui enfonce un chiffon dans la bouche, avant de l’attacher et de la violer toute la nuit en la torturant (coups et brûlures). Que fait la femme pendant ce temps-là, me demanderez-vous. La réponse est simple: quand elle n’est pas en train de chiller dans un coin de la pièce, elle encourage son mari, notamment en disant « Vas-y, tu vois bien que c’est une salope ». Elle prend ensuite un rôle plus important en extorquant à Martine sa carte bleue et le code de celle-ci. Au lever du soleil, alors que les honnêtes gens de Charente s’en vont acheter leur pain ou travailler, elle va retirer de l’argent au distributeur, et lorsqu’elle revient, Martine peut enfin se rhabiller et est sommée de garder le silence. Ensuite, peut-être pour briser la glace ou pour ajouter de l’absurde à l’aberrant, le couple lui propose de prendre un dernier verre avant de partir. La femme lui demande même de poser pour quelques photos pornos ! Bref, ils essaient de faire un after du viol comme si c’était une soirée, quoi.

Une fois qu’ils ont fini tout ça, ils chargent la voiture avec leurs affaires, et ramènent Martine à la gare de Barbezieux. L’homme s’excuse pour tout (comme s’il avait glissé), et lui donne de quoi acheter un billet de train pour rentrer chez elle.

Une fois chez elle, Martine balance ses tortionnaires comme on marque un panier à trois points. Avec son témoignage et celui de son père, les gendarmes réussissent à établir un portrait-robot et apprennent que le couple roule en Renault 25 de couleur foncée. Ils transmettent ces informations aux brigades des environs, et ceux-ci répondent avec les couples suspects qu’ils ont repéré. L’un de ces couples est le bon. Jocelyne Bourdin et Marc Fasquel deviennent ainsi des criminels dangereux et recherchés. Mais qui sont-ils ?

On les avait clairement pas vu venir

Marc Fasquel est né le 15 mars 1947 à la Chaussée-Tirancourt, un petit village de la Somme où il fait froid et même les vaches se font chier. Le petit Marc grandit dans une petite famille bourgeoise, il est doué à l’école, bref tout va bien dans sa petite vie de campagnard. Cependant, tout va basculer, lorsqu’une institutrice anglaise, Janet Marshall, est retrouvée morte dans un le marais derrière la maison de Marc, alors qu’elle parcourait la France à vélo. Tous les enfants supposent que le tueur est encore dans le marais, ce qui fait que pendant un moment, les caleçons du petit Marc sont un peu plus compliqués à laver. Pour ajouter à l’ambiance Silent Hill qui s’installe dans le village, l’autopsie de la pauvre institutrice a lieu dans le préau de la cour de l’école, pour une raison qui nous échappera bien mieux que Marc une fois sa carrière criminelle débutée. Mais malgré tout ça, Marc semble se remettre des événements, et il part quelques années après s’installer avec sa famille à Amiens. Tout se passe bien dans sa vie, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge adulte. Et boum, d’un seul coup il dit « Papa, Maman, je veux de la moula », se barre et commence à éparpiller des chèques volés au gré du vent. Autant dire que tout le monde autour de lui est surpris.


En ce qui concerne Jocelyne Bourdin, elle est née le 8 avril 1956 à Montbéliard. Elle a grandi dans un milieu ouvrier, elle est bonne élève, et sa vie est parfaitement ordinaire jusqu’à la mort de son père, lorsqu’elle a 17 ans. Elle doit alors commencer à travailler pour aider sa famille. Elle n’indique à aucun moment qu’elle aspire à acquérir un maximum de moula ou de cadavres dans son placard, mais il ne faut apparemment pas se fier aux apparences en ce qui la concerne.


Les deux se rencontrent à Besançon en 1976, et Cupidon les bombarde comme jaja. Jocelyne s’en bat les steaks de la carrière criminelle de Marc, et le rejoint même dans sa marginalité. Les deux commencent un road trip complètement financé par des vols et des escroqueries, et le fruit de leur amour naît en 1977. Malgré un enthousiasme à peine caché, ce n’est pas parce qu’on a la déter qu’on a les neurones, et le couple de brigands de campagne se fait rapidement choper. En 1978, Marc prend du ferme et Jocelyne est placée dans un foyer avec son enfant. Cependant, la mala n’attend pas, et Marc finit par s’évader. Le couple reprend sa cavale, mais se fait de nouveau choper en 1982. Marc prend sept ans, Jocelyne prend 5 ans, et ils sont tous les deux libérés en 1985. C’est une libération conditionnelle, mais c’est pas au deux Robin des Bois de Boulogne qu’on va expliquer l’administration judiciaire. La cavale infernale reprend, et Martine n’est malheureusement que la première étape de leur reconversion.

Jocelyne Bourdin et Marc Fasquel

Les petits poucets des Enfers

Marc et Jocelyne continue leur road trip après l’agression et la torture de Martine, et n’ont même pas quitté la Charente lorsqu’ils décident de kidnapper une autre femme. Christine Jouan, une jeune fille de 18 ans qui a répondu à une annonce proposant un poste de femme de ménage, est leur victime suivante. Son supplice est le même que celui de Martine, si ce n’est que cette fois il dure 3 heures et non toute une nuit (ça me réconforte pas, mais bon). Tout comme Martine, Christine est aussi obligée de prendre le petit-déjeuner avec ses tortionnaires, qui lui donnent ensuite de quoi s’acheter un billet de train pour rentrer chez elle, et elle balance dès qu’elle est hors de danger. Les gendarmes font tout leur possible pour essayer de choper le couple de violeurs, mais les voitures du Service Public étant à l’époque (et probablement aujourd’hui) bien moins performants qu’une Renault 25, les courses-poursuites engagées lorsque les gendarmes arrivent à repérer les deux polissons se soldent inlassablement par une terrible humiliation pour nos forces de l’ordre.


Avoir les keufs au cul n’arrête pas les deux bolosses sur la route de la fils de puterie, et ceux-ci kidnappent et agressent Bernadette Bloriot, une pauvre secrétaire à Pruniers, dans l’Indre. Cette fois, ils la kidnappent en pleine rue alors que celle-ci est sur le point d’ouvrir la porte de chez elle. Elle est relâchée le lendemain, avec les mêmes excuses, le même paiement du billet de train, et le même compte en banque à découvert. La victime suivante n’a pas cette chance.


Le 3 février 1986, le couple kidnappe Geneviève Godart, une veuve de 38 ans, alors qu’elle venait de terminer ses courses au Auchan de Dury, près d’Amiens. Son corps sera retrouvé le lendemain à Courcelles-sous-Thoix. Non seulement il a les traces de torture habituelles (putain, je déteste ça), mais il a aussi une trace de talon féminin sur le torse, ce qui montre que Jocelyne a choisi de participer plus activement à l’horreur. Les gendarmes d’Amiens se joignent à la chasse au couple, mais sans succès.


Quelques jours plus tard, le couple est à Gensac, dans le Tarn-et-Garonne, et croise malheureusement la route de Christine Morros, qui sort d’un bar-tabac et est en route vers son cours de yoga, où elle n’arrivera jamais. Son corps est retrouvé peu de temps après, et un mandat d’arrêt national est lancé contre Jocelyne Bourdin et Marc Fasquel.

Les victimes des trop

Comme s’ils nous avaient pas déjà prouvé qu’ils n’étaient pas des flèches, c’est au moment où ils ont littéralement tous les policiers de France au cul que Bourdin et Fasquel décide d’avoir les yeux plus gros que le ventre.

Le 11 février 1986, ils enlèvent Josette Fourneau, une infirmière de 40 ans, à Boulogne-sur-Gesse, et la torturent pendant toute une après-midi. Josette réussi à amadouer le couple en leur tapant la discute, et en début de soirée elle est autorisée à appeler ses proches pour les rassurer. Le trio arrive à Vic-en-Bigorre et essaie de trouver une cabine téléphonique, mais les plans changent complètement lorsqu’en s’approchant d’une cabine téléphonique, Marc Fasquel voit Geneviève Tujague, une kinésithérapeute de 27 ans. Il n’arrive pas à se retenir, et la kidnappe immédiatement.


Voilà que les deux Bonnie et Clyde de pacotille se retrouvent avec deux otages. Ils se rendent rapidement compte que c’est chaud à gérer, et relâchent Josette, qui tape le meilleur sprint de sa vie. Malheureusement, cela signifie que Geneviève se retrouve seule avec les deux tarés. Ceux-ci la viole et la torturent toute la nuit, et au petit matin ils vont tous ensemble prendre le petit-déjeuner dans un hôtel du coin, et le couple la ramène à la gare et lui offre un billet de train. Geneviève, comme la femme courageuse qu’elle est, balance immédiatement, et les policiers se rapprochent de l’interpellation qui leur échappe depuis si longtemps.

La fin du road trip de la pagaille

Toute la France connaît le visage de Jocelyne et Marc, et les témoins se multiplient partout où ils passent. L’étau se resserre, comme on dirait dans Enquête d’Action. Enfin, le 14 février 1986, le couple infernal tombe sur un barrage policier. Marc, toujours aussi désireux d’être un ga épik com dan Faste é Fouriousse, fonce dans le barrage et essaie de se barrer en marche arrière, mais les policiers ont autant de temps pour blaguer que de véhicules de qualité. Badabim badaboum, Marc prend 7 balles. Jocelyne, paniquée, sort de la voiture en criant « C’est injuste, c’est injuste », et si vous venez de lever les yeux au ciel en priant de toutes vos forces pour qu’elle ferme sa gueule, préparez-vous parce qu’on doit encore passer par le procès.Anyway, elle se fait embarquer, et Marc crève avant d’aller à l’hôpital, ce qui nous évitera les « Ouais mais je leur ai donnée à mangé et de quoi prendre le train, je suis pas si méchant » au tribunal.

Procès, incarcération, et autres saltimbanqueries

Jocelyne est inculpée sec pour tous les meurtres, et toutes les agressions, et toutes les tortures, et tous les vols, et toute la bolosserie. Elle essaie de s’en sortir en sortant des « nieunieunieu, je suis une pauvre femme faible et fragile, c’est Marc qui a fait tout ça, moi j’avais peur de lui, blablabla ». Ouais, Jocelyne, sauf que quand t’as une race tu fais pas du tricot dans la voiture pendant la reconstitution des crimes. Ouais, cette pute a fait du tricot dans la voiture pendant la reconstitution des crimes. Entre ça et les témoignages des survivantes, tout le monde voit Jocelyne Bourdin pour ce qu’elle est: une grosse boule de pus bien laide qui assume pas. Le 20 mai 1989, elle est condamnée à 20 ans avec une peine de sûreté de 13 ans. Et en 1999, elle est…euh…libérée. Ouais, elle est dehors là, quelque part, en train d’être la grand-mère de quelqu’un. Donc si vous croisez une daronne de 64 ans qui aime le tricot, regardez-la bien de travers. Juste au cas où.


Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! Dites-moi ce que vous pensez de cette affaire (et surtout de la liberté de Jocelyne, parce que je peux pas être la seule à être tracassée là) sur Twitter (@ElsaEtc) ou en commentaire, et n’hésitez pas à me faire des suggestions si vous avez des idées. Sur ce, je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d’année et je vous dis à la prochaine !

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