La marquise de Brinvilliers, la noble qui aimait se salir les mains

Salut tout le monde, j’espère que vous profitez bien de l’extérieur avant la deuxième vague et le reconfinement ! Aujourd’hui je vais vous parler d’une meuf d’un autre temps qui n’avait pas notre temps. La meuf qui a fait le ménage dans sa famille en mode Marie Kondo : la Marquise de Brinvilliers.

Enfance, quelle enfance ?

Marie-Madeleine Dreux d’Aubray est née le 2 juillet 1630 à Paris dans une famille d’aristocrates. Son père, Antoine, est un lieutenant civil du Châtelet pendant la Fronde (c’est une genre de mini-révolution de bourges qui a eu lieu entre 1648 et 1653, mais bref on s’en bat les couilles), et sa mère est [erreur 404, patriarcat trop puissant]. Elle grandit du bon côté de la monarchie, alors tout devrait bien se passer pour elle, non ? Non ?Elle se fait violer à 6 ans par un domestique, et à partir de 10 ans, ses 2 frères s’y mettent aussi. Ok, cool, cool, cool, cool, cool, cool…

Certains disent qu’elle est entrée dans ces relations incestueuses d’elle-même, mais bon à l’époque il suffisait de mettre une robe qui montrait les chevilles pour se faire traiter de gourgandine de Calais à Versailles, alors prenez ces allégations avec les plus grosses pincettes disponibles.

Bref, la petite Marie-Madeleine grandit dans ce bordel (littéralement ?) sans personne pour la défendre (surtout pas son père), et devient une très belle jeune fille avec un cœur plus sombre que ton avenir.

I’m a bitch, I’m a boss…

Elle commence à avoir une attitude qualifiée de « scandaleuse » à l’époque, c’est-à-dire qu’elle fait ce qu’elle veut quand elle veut. Si elle a envie de ken, elle va ken un chevalier, et si elle a envie d’aller au casino du coin, elle va aller au casino du coin et personne va l’arrêter. YAAAAAASSSSSS QUEEEEEN !!

Elle attire l’attention de beaucoup de monde, et finit par taper dans l’œil d’Antoine Gobelin, marquis de Brinvilliers. J’imagine grave leur rencontre sur un fond d’Aya Nakamura. Ah oui ah oui la dot, bébé veut un gosse….Anyway, ils se marient en 1651, et deviennent un peu les Bonnie & Clyde du quartier. Lui joue h24 aux jeux d’argent et s’embrouille un peu avec tout le monde, et elle le soutient et sort les crocs si tu la cherche. Le monde est à moi, le monde est à nous, scarfaaaaaace, les autres en face sont jaloux, scarfaaaaaaace…L’avantage avec le marquis en plus, c’est qu’il accepte complètement l’infidélité de sa femme, ce qui permet à notre Marie-Madeleine d’entamer une liaison avec Godin de Sainte-Croix (tu vois Tanguy, ton nom n’est pas si mal que ça), un officier de cavalerie qui va la chevaucher avec tout l’entrain de sa jeunesse.

Tout se passe bien pour Marie-Madeleine, le marquis et Godin, jusqu’à ce que le daron de la marquise décide de s’en mêler.

Déjà, t’étais où gros ? Tu faisais quoi pendant que tes fils violaient leur sœur ? Tu dormais ? Bon…En 1663, Antoine senior utilise son influence pour faire jeter Godin à la Bastille, et puis il redisparaît en pensant qu’il a fait son taf de daron en carton. Ce qu’il ne sait pas, c’est qu’il a enclenché une série d’événements qui vont mener à sa mort.

Un peu de cyanure dans ta soupe, et Marie sort le champagne

Godin passe 6 semaines à la Bastille, avec rien d’autre que son seum et son codétenu italien qui lui enseigne l’art de l’empoisonnement. Badabim badaboum, il se fait une petite montée de compétence et quand il sort, il s’empresse de rejoindre sa go pour lui transmettre son savoir.Marie-Madeleine, qui a aussi le seum contre son père, commence à faire un plan. Elle prend des notes consciencieuses et décide de s’entraîner dans les hospices du coin. Elle se déguise en femme du peuple, et commence à buter des patients en notant bien sûr les effets des poisons pour se préparer pour le grand jour. Une fois son entraînement terminé, elle laisse une bonne cinquantaine de cadavres derrière elle et passe aux choses sérieuses.Elle rejoint son père à la campagne, et l’empoisonne à petit feu. Le daron en carton s’éteint le 10 septembre 1666, et Marie se sent plus puissante que jamais.Le seul petit cheveu dans la coupe de champagne, c’est que ce sont ses frères qui touchent l’héritage, et ça, ça la dérange. Du coup, elle se dit « il reste quelques fioles dans le grenier, autant en profiter », et se débarrasse de ses deux violeurs en 1670. Elle touche l’héritage, et en voyant qu’elle ne se fait pas choper, elle prend la grooooossse confiance…

Marie-Madeleine Kondo fait le ménage

À partir de 1670, Marie-Madeleine commence à appliquer la méthode Marie Kondo pour faire le ménage dans son entourage. « Si ça ne t’apportes pas de joie, il faut t’en débarrasser ». Sa sœur qui lui casse les couilles en la traitant de gourgandine ? Dead en 1670. Une de ses filles qu’elle trouve conne et qui lui donne la migraine ? Un peu de poison dans le lait chaud, ça l’a calmée. Bon, elle s’est un peu foiré sur ce coup-là, parce que la petite a survécu, mais je mettrai ma main au feu qu’elle s’est fait bien discrète après. Marie-Madeleine tente même de se débarrasser de son mari, qui dilapide toute sa thune au casino, mais elle change d’avis et le fait soigner à la dernière minute.

Godin, de son côté, commence à avoir un peu chaud, parce qu’il se rend compte qu’il est le seul qui reste sur la liste, alors il enferme toutes les preuves qu’il arrive à trouver dans un coffre sur lequel il marque « À n’ouvrir qu’en cas de mort antérieure à celle de la marquise ». Il fait ça pile à temps, parce que Marie-Madeleine décide en 1672 qu’il ne lui apporte plus de joie.

Marie-Madeleine prend la poudre d’escampette

À la mort de Godin, son coffre plein de preuves est ouvert, et Marie-Madeleine se dit qu’il faudrait peut-être se mettre au vert le temps que tout le monde se calme.

Le 26 août 1672, elle abandonne son mari et ses 6 gosses, et prend la fuite. Elle fait le tour de l’Europe en essayant de semer les agents de Louis XIV aka « une douche par an », et demande à son mari de la rejoindre, mais comme vous vous en doutez, le gars n’est pas très chaud. La marquise finit par se faire choper à Liège en 1676, mais pas avant de faire la tentative de suicide la plus hardcore que j’ai jamais vue.

Elle est dans sa chambre à Liège lorsqu’elle entend des keufs dans le couloir. Et au moment du « FBI, OPEN UP », elle CASSE UN PUTAIN DE VERRE AVEC SES DENTS ET ESSAIE D’AVALER LES MORCEAUX !!!!! Les agents du roi sont obligés de lui tenir la mâchoire et d’aller chercher les bouts de verre dans sa gorge pour qu’elle survive. La go était dé-ter-mi-née !
Une fois qu’ils ont fini de nettoyer tout le sang, les agents du roi foutent Marie-Madeleine dans une calèche direction Paris. Son procès s’ouvre le 29 avril, et elle nie tout en bloc dans le plus grand des calmes, malgré les preuves. La go est inflexible.

Elle est condamnée à mort par décapitation le 16 juillet 1676, et l’exécution est prévue pour le lendemain. Et enfin, alors qu’elle est sur le point d’être décapitée, elle lâche un « je suis pas la seule empoisonneuse de la cour, en fait, hein », lançant ainsi les enquêteurs sur la piste de la fameuse « affaire des Poisons », et faisant du dernier aveu de Marie-Madeleine l’un des plus gros coups de pression du XVIIe siècle. Badass jusqu’à la dernière seconde.

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