Marcel Barbeault et les voisins sourds-muets

Salut les macabres, j’espère que votre rentrée se passe bien ! Comme vous l’avez exigé dans le sondage, on reste dans le nord pour le cas d’aujourd’hui, et pour rajouter une petite saveur spéciale, je vous emmène chez moi !Eh ouais, aujourd’hui je vais vous faire visiter l’agglomération de Creil, ma terre natale, aussi connue comme terminus du RER D et de tout espoir. Le cas que je vais vous raconter dans cet article vous montrera que cette zone a toujours été un lieu de perdition et de comportements aussi douteux que stupides. Mesdames, messieurs et mes non-binaires, voici l’histoire de Marcel Barbeault, appelé le « Tueur de l’Ombre », mais que nous appellerons ici « Petit zizi panpan ».

Marcel Barbeault est né le 10 août 1941 à Liancourt, un petit patelin au nord de Villers-Saint-Paul. On ne sait pas grand-chose du début de sa vie, mais on sait que ça devait pas être super jojo parce que l’occupation nazie dans un petit village où la vie est déjà merdique de base, c’est pas exactement comment on construit un puits de bonheur. Marcel est fils d’ouvrier, et comme un peu tous les gars de son village, il est destiné à la même vie. Il arrête les études à 14 ans pour devenir ouvrier, et comme il est pas content de cette vie, il s’engage dans la guerre d’Algérie dès qu’il est majeur et devient brancardier. Il connaît alors ce qui ressemble pour lui a une vie palpitante. Petit zizi panpan est né. Il kiffe tellement cet ersatz de pouvoir et de gloire que lorsqu’il rentre en France, en 1962, il tente de devenir gendarme. Malheureusement, il avait oublié une chose: il est une grosse merde. Il rate ainsi lamentablement le concours et, fait assez surprenant pour être mentionné, il rate aussi 8 fois d’affilée le code de la route.

Dépité, Petit zizi panpan met ses rêves de gloire et de puissance au placard et va faire les 3-8 à l’usine. En 1962, il épouse une fille du coin, Josiane Vandeponselle, et le couple débute une vie des plus ordinaires. Marcel, notre Petit zizi panpan, même avec une femme et finalement 2 gosses, se fait glorieusement chier.

Les choses commencent à s’épicer à partir de 1968. Cette année-là, il perd sa mère, qui succombe à un cancer, puis il perd 2 frères en 1971 et 1974. Pour la plupart des gens qui se sont intéressés à cette affaire, c’est le chagrin provoqué par ces pertes qui ont provoqué le déclic criminel dans le cœur tout mou et plein de cholestérol de Marcel. Mais ne nous laissons pas avoir. Petit zizi panpan est là depuis un moment, et à présent il a simplement les mains un peu plus libres. Il décide donc de passer à l’action.

Il commence par une série de cambriolages et direct le boug est ultra creepy. En plus de rentrer chez les gens pour voler leurs affaires, il fouille dans leurs placards, regarde leurs albums photo, se sert dans leur frigo…bref, le gars fait comme chez lui. Il finit par se faire choper, mais il ne prend que du sursis, alors il est libre de passer à la phase suivante de son plan de domination du sud de l’Oise.

Le 10 janvier 1969, il attaque Françoise Lecron, la femme de l’un de ses collègues. Il tire 6 coups de carabine dans sa direction, mais arrive quand même à se foirer, tel l’étron campagnard qu’il est. Déçu par l’énième échec de sa vie, Marcel ne se décourage pas pour autant. Petit zizi panpan aura son moment de gloire. Il retente donc le coup le 14 janvier, et tire dans le ventre de Michèle Louvet, une Nogentaise de 17 ans qui se baladait simplement dans la rue, mais elle parvient aussi à survivre à ses blessures. Marcel, encore une fois déçu, finit par réaliser que Petit zizi panpan n’est pas un bon sniper.

Le 23 janvier 1969, il arrive enfin (et très malheureusement) à son but. Il tend une embuscade à Thérèse Adam, une veuve de 46 ans. Elle s’était rendue compte quelques jours avant que quelqu’un la suivait et l’observait, mais la police ne l’a pas crue, et le poing américain, la matraque, le chapelet et le livre de prières qu’elle gardait près de son lit ne l’ont pas sauvée face à la carabine de Marcel. Son corps sera retrouvé près de la voie ferrée, déshabillé, violé avec un bout de bois, face contre terre. Malgré la position du corps et le fait qu’une traînée de sang mène jusqu’au pavillon de Thérèse, les policiers pensent d’abord à un suicide.

Néanmoins, et heureusement pour tout le monde dans un rayon d’environ 50km, l’inspecteur divisionnaire Louis Courtois arrête le bullshit assez rapidement et débute une enquête. Le truc, c’est que malgré le fait que le pavillon de Thérèse est collé à deux autres pavillons, personne n’a rien vu ni entendu, et la carabine utilisée pour le meurtre est similaire à celles qui se trouvent dans les salons de tout le monde dans le coin. C’est pas que l’enquête piétine, c’est qu’elle a même pas encore mis ses chaussures.

Tout content de la panique qu’il cause à Nogent, Petit zizi panpan prend la confiance et se dit qu’il va faire une pierre deux coups une fois que les gens seront moins en alerte. Le soir du 16 novembre 1969, il entre dans la maison de Suzanne Mérienne et de sa fille Micheline lorsque celle-ci rentre du lycée. Il les prend en otage, mais lorsqu’il les emmène dans le jardin, ce tebé réalise qu’il a oublié son sac dans la maison. Il prend donc Micheline pour faire l’aller-retour, et puis sans raison, il l’a lâche et tire sur Suzanne, et Micheline tape le sprint ultime pour sa survie. Se doutant que les secours vont pas tarder à arriver, Petit zizi panpan n’effectue pas son rituel de déshabillage et se barre. Et comme pour Thérèse, les voisins n’ont rien vu rien entendu.

Micheline n’est pas en mesure d’établir un portrait-robot précis de Petit zizi panpan car ce dernier était bien camouflé, mais elle arrive quand même à dire aux policiers qu’il est grand, a l’air assez jeune et a des yeux de chat, ce qui est étonnant venant d’un chien de la casse. Les policiers, de leur côté, découvre que la même carabine a été utilisée, et que cet IM-BE-CILE a laissé son putain de sac sur les lieux du crime !Du coup, les policiers le fouillent et trouvent de la ficelle, une matraque fabriquée avec un bout de bois, un porte-monnaie vert, des balles, et une serviette de table qu’on trouvait à l’époque dans les usines du coin. Le truc, c’est qu’il y avait beaucoup d’usines dans le coin.

Le juge d’instruction décide d’exposer le sac à la mairie de Nogent-sur-Oise, décision rare dans ce genre d’affaires, en espérant que quelqu’un reconnaîtra quelque chose. L’affaire aurait pu être résolue à ce moment-là, car les collègues de Marcel ont reconnu ses affaires, mais pour une raison qui nous échappe presque autant que Xavier Dupont de Ligonnès, ils ont lâché leur meilleur Ray Charles et sont retournés à l’usine.

Petit à petit, la panique se calme, la vie retrouve son train-train normal, et les vols de voitures (spécialité locale) reprennent. Malheureusement, Petit zizi panpan n’a pas dit son dernier mot.

Le 6 février 1973, le corps d’Annick Delisle, 30 ans, est retrouvé par son mari dans un fourré en plein centre-ville de Nogent. Les Nogentais n’ont comme d’habitude rien vu rien entendu, mais ils ne manquent pas de surnommer la victime « la plus belle morte de Nogent », parce que la sexualisation des femmes ne saurait s’arrêter à leur mort #menaretrash. Les policiers remarquent que le rituel de déshabillage est le même, mais que cette fois c’est un coup à la tête et non un tir de carabine qui a achevé la pauvre Annick, et que Petit zizi panpan lui a volé ses affaires. Ces remarques ne font pourtant pas avancer l’enquête, et ça n’aide pas que Marcel décide de bouleverser un peu ses habitudes.

En effet, le 28 mai de la même année, il tue un couple, Eugène Stéphan et Mauricette Van Hyfte, qui se bécotait sur le parking du cimetière de Laigneville, un patelin entre Liancourt et Villers-Saint-Paul. C’est le premier meurtre printanier de Marcel. Le procédé est le même pour la jeune Mauricette, qui est déshabillée et se fait voler son sac à main, mais la carabine n’est plus la même (Petit zizi panpan est allé faire du « shopping » chez les voisins). D’ailleurs une cartouche est retrouvée plus tard par un témoin près du robinet du cimetière, qui est difficile à trouver. Les policiers en déduisent donc que le tueur est un gars qui vit dans le coin depuis un loooooooooong moment.

Le 8 janvier 1974, Petit zizi panpan s’introduit dans l’appartement de Josette Routier, et attend que celle-ci rentre du travail pour l’assassiner avec sa carabine, sur laquelle il a placé un silencieux. Les voisins diront avoir entendu des bruits bizarres et une vitre se casser, mais n’avoir rien fait parce que….ils étaient trop investis dans Des Chiffres et Des Lettres ?La scène de crime n’est ainsi découverte que trois jours plus tard. Le rituel est le même, si ce n’est que Petit zizi panpan a cette fois laissé des traces de bottes taille 42 dans l’appartement.

La panique s’empare de nouveau de l’agglomération et, remarquant que toutes les victimes sont brunes, les femmes commencent à se teindre en blond. Heureusement pour elles, le héros de cette histoire entre en scène.

Eh oui, nous l’attendions tous, c’est L’INSPECTEUR NEVEU !!!!! (pour ceux qui comprennent pas, je vous réfère à mon article sur Alain Lamare)En 1975, notre inspecteur préféré est affecté à Creil parce qu’il ouvrait trop sa gueule dans la région parisienne, et reprend l’enquête. Malheureusement, c’est tellement le bordel dans la paperasse que Petit zizi panpan aura le temps de faire encore deux victimes avant qu’on lui mette la main dessus.

Le 25 novembre 1975, Julia Goncalves sort de chez elle vers 6h du matin pour aller au travail. Son corps est retrouvé le lendemain matin dans le cours d’eau qui traverse le parc Hébert. L’assassin l’a dénudée et a volé sa montre et son sac à main. L’enquête avance un peu, car un témoin a aperçu le tueur et permis ainsi de créer un nouveau portrait-robot, plus précis cette fois.

Françoise Jakubowska, 20 ans, est la dernière victime. Le 6 janvier 1976, son corps est retrouvé dans le jardin de quelqu’un qui n’a rien vu rien entendu près de la gare de Villers-Saint-Paul. Elle a été tuée vers 7h : trois coups de couteau et un tir de carabine dans la tête.

L’inspecteur Neveu, qui s’était déjà rendu compte que le tueur était un ouvrier cleptomane, décide de relire toute la paperasse et se rend compte d’un truc: même pour un gars du coin, savoir où est le robinet du cimetière de Laigneville c’est quand même vachement particulier. Vous savez où est le robinet de votre cimetière, vous ? Pas moi.

Bref, il décide donc de croiser les noms sur les pierres tombales avec les noms des suspects qu’il a collectés, et ça fait bim bam boum. Il réduit la liste des suspects à 30 noms et demande à ses hommes de tous les interpeller, peu importe leur profil. Il leur dit: « Même si c’est un curé, vous me le ramenez ». Je stan.

Anyway, les policiers toquent ainsi à la porte de Marcel Barbeault le 14 décembre 1976. Fun fact: il vit à Montataire. Pour ceux qui ne connaissent pas la zone de Creil, Montataire c’est le quartier tellement paumé que t’as l’impression que le soleil brille différemment là-bas. Y a rien, mais genre rien.

Bref, c’est Josiane qui ouvre et elle explique aux policiers que Marcel et parti faire des courses. Balec, l’appart est fouillé quand même. Les policiers trouvent des cartouches de .22 long rifle avec la carabine qui va avec (elle a été sciée et a un silencieux), un poignard, des foulards, des imperméables, des casquettes, bref tout le kit quoi. Quand Marcel rentre de ses courses, il est direct mis en position « vous avez le droit de garder le silence ».

Une fois dans la salle d’audition, Marcel joue les innocents, et prétend que la carabine n’est pas à lui, il l’a trouvée dans le cimetière de Laigneville. Parce que c’est bien connu que quand les morts s’ennuient, ils sortent de leurs tombes pour aller chasser le lapin. Il est même assez culotté pour dire qu’il est la neuvième victime du tueur ! Cependant, le masque va vite tomber.

Lorsque les policiers déguisent Marcel en cambrioleur, Micheline Mérienne le reconnaît direct. Il proteste immédiatement et s’exclame « Comment peut-elle me reconnaître 6 ans après ? », se faisant ainsi piéger comme le con qu’il est parce que personne n’avait dit de quel crime Micheline avait été témoin. De plus, son emploi du temps correspond parfaitement aux crimes, puisqu’il faisait croire à sa femme qu’il allait au boulot alors qu’il avait posé des congés. C’est la fin pour Petit zizi panpan.

Ne pouvant pas retrouver la première arme du crime, il est inculpé de 5 meurtres sur 8 et même là, il plaide innocent. Il se présente à son procès, qui débute en 1981, comme un père de famille tout beau tout lisse, et clame son innocence, mais sans grande conviction. Il est détaché, limite on dirait qu’il s’ennuie, au point que ça met mal à l’aise le jury. Ce dernier a quand même encore des doutes, mais le témoignage de l’inspecteur Neveu le culbuteur de daronnes met les points sur les i, et Barbeault prend perpèt’.

Petit zizi panpan se languit aujourd’hui dans sa cellule, avec pour seule gloire d’être l’un des plus vieux détenus de France. En ce qui concerne la zone de Creil, la vie a repris son cours normal, entre vols de voitures et bastons intempestives. Les plus vieux habitants et les gens chelous comme moi attendent cependant encore le jour où nous apprendrons que Marcel est parti rejoindre papa Johnny.

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