Des nouvelles de nos détraqués (updates, partie 3)

Bonjour tout le monde, j’espère que vous allez bien.

Vous ne le savez pas, mais je travaille sur une affaire depuis bientôt un an (je ne fais pas ça à plein temps donc les recherches prennent du temps), et chaque fois que je pense que je vais pouvoir la publier, un nouveau détail me replonge dans mes recherches. C’est en partie pour cela que mon rythme de publication est aussi chaotique. Mais ne vous inquiétez pas, je me suis rendue à l’évidence, et j’ai décidé de prioriser des affaires plus « courtes » pour continuer à vous faire découvrir des affaires en attendant de pouvoir relever mon défi.

Aujourd’hui, je vous offre des updates concernant les affaires que j’ai déjà couvertes, et préparez-vous, car certains des détraqués dont j’ai parlé ont fait preuve d’un sacré culot ces derniers mois.

Michel Peiry

Celui qu’on surnomme le « Sadique de Romont » a aujourd’hui 67 ans, et cumule 38 ans d’incarcération en Suisse. Auteur présumé de 11 meurtres commis en France, en Suisse, en Italie, aux États-Unis et en Croatie, il a été condamné en 1989 et est techniquement libérable depuis 2002.
Cependant, les experts et les tribunaux s’accordent sur son caractère dangereux, et toutes ses demandes de libération conditionnelle ont été refusées, tout comme ses demandes de sorties accompagnées.

Il a dernièrement déposé deux recours au tribunal fédéral suisse, l’un concernant sa dernière demande de libération conditionnelle, et l’autre concernant sa demande de sorties accompagnées.
Pour les deux, il a fait valoir sa bonne conduite et ses problèmes de santé, ce qui n’a pas franchement ému les juges. Pour sa demande de sorties accompagnées, il a proposé de le faire accompagner de policiers ou de soldats armés, mais la cour lui a bien fait comprendre que l’État n’allait pas mobiliser autant de ressources pour qu’il puisse faire sa petite balade.

Concernant sa demande de conditionnelle, il a faire valoir la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme selon laquelle les détenus doivent avoir des perspectives et conditions claires de libération et de réinsertion, prétendant qu’on ne lui avait apporté aucun de ses éléments. Cet argument déjà fragile a été démonté par le tribunal fédéral, qui a confirmé en août 2026 l’arrêt du tribunal cantonal valaisan en faisant valoir le fait que non seulement les conditions de libération sont claires, mais Michel Peiry est toujours dangereux et n’a fait aucun effort pour atténuer sa dangerosité, refusant de s’ouvrir sur ses mécanismes de passage à l’acte lors de ses séances de thérapie comportementale.

Enfin, le tribunal fédéral a rappelé un principe juridique simple : les droits des victimes potentielles priment sur les droits du condamné.
Michel est donc retourné dans sa cellule en attendant de pouvoir faire une 13e demande de libération conditionnelle, qui sera probablement refusée.

Francis Heaulme

Surnommé le « routard du crime », le tueur de 67 ans condamné pour 11 assassinats de personnes dont les âges allaient de 8 à 86 ans a, comme je vous l’ai expliqué dans ma précédente update, été mis en examen en 2023 pour le meurtre de Jean-Joseph Clément, retrouvé mort en 1989 près d’Avignon. Bonne nouvelle : la procédure a avancé, et il a officiellement été renvoyé aux assises en juin 2026. Francis a fait appel de ce renvoi, mais de toute façon il se pourrait qu’il ne survive pas jusqu’à son procès.

En effet, le tueur en série commence à succomber à son âge et au syndrome de Klinefelter dont il souffre. Il a déjà été hospitalisé en mars 2026 à l’Unité d’Hospitalisation Sécurisée Interrégionale (UHSI) de Nancy pour des raisons non communiquées au public.

Inquiète pour la procédure qui est déjà particulièrement lente, la fille de Jean-Joseph Clément a adressé le 14 septembre une lettre au parquet demandant une accélération de la procédure. Si je devais deviner le contenu de la lettre, je dirais qu’elle contient une version polie de « Vous avez déjà foiré la procédure une fois, est-ce que vous pourriez au moins boucler celle-ci correctement et rapidement avant qu’il ne nous claque dans les pattes ? »
Je ne sais pas si j’ai raison, mais le parquet lui a répondu qu’il faisait de son mieux. Espérons que ce soit vrai.

Nicolás Zepeda

J’arrive longtemps après la guerre, mais notre incel chilien meurtrier a eu son troisième procès en mars 2026. Celui-ci avait dû être organisé après l’annulation en février 2025 de sa condamnation aux assises par la Cour de cassation.

La famille de Narumi Kurosaki, son ex-compagne disparue depuis 2016, a ainsi dû revenir en France pour assister aux audiences de la Cour d’assises du Rhône. La famille de Nicolás a également fait le déplacement, mais n’a pas pu assister aux premières audiences car elle était elle-même attendue plus tard à la barre. Elle s’est tout de même assurée que leur cher Nicolás soit bien entouré, en lui payant notamment les services de maître Robin Binsard, connu pour avoir défendu le couple Balkany et le directeur général du réseau social Telegram Pavel Durov.
Le père de Nicolás a également exprimé son soutien à son fils en autopubliant la semaine précédant le procès un livre de 460 pages co-écrit avec deux détectives privés intitulé « Où est Narumi ? Quand la Justice et la Vérité sont en jeu. »

Le procès a débuté le 17 mars 2026. 8 jours d’audiences ont été prévus au lieu des 12 habituels pour une raison que je n’ai pas pu trouver.

Les trois premiers jours d’audiences n’ont pas eu de rebondissements particuliers, mais le 4e jour était particulièrement intéressant, puisque c’est le jour où l’experte psychologue est passée à la barre.
Elle a décrit Nicolás comme « sûr de son charisme », « insensible au sentiment de culpabilité », et « biberonné à la valorisation narcissique », avec une tendance à se « dédouaner de toute responsabilité » jusqu’à « effacer la réalité de l’autre ».
Cette analyse cinglante est venue s’ajouter aux éléments à charge présents depuis le début au dossier, et n’a laissé qu’une seule zone de doute exploitable à la défense : les deux ADN masculins non identifiés retrouvés dans la chambre universitaire de Narumi. Ce n’était pas grand chose, mais les avocats s’y sont accrochés.

Nicolás a aussi tenté d’avancer ses propres arguments pour contredire les hypothèses avancées par le procureur et soutenues par les pièces à convictions.
S’il a été localisé dans les bois de Franche-Comté au moment de la disparition, c’est parce qu’il y était allé pour se reposer. S’il a acheté un spray à la javel, c’était pour nettoyer une tâche dans sa voiture. S’il a acheté un bidon de 5 litres de combustible, c’était pour le remplir d’essence en cas de panne (parce que nous, cher français, n’avons pas accès au luxe que sont les stations essence ou les dépanneurs). S’il a acheté une boîte d’allumettes, c’était parce qu’il la trouvait jolie. Il dit même l’avoir ramenée au Chili. En avion. Bien sûr, c’est totalement autorisé.

Au moins, il a admis avoir plusieurs fois tenté d’entrer dans la résidence de Narumi au lieu de continuer à dire qu’il l’avait croisée totalement par hasard.

À la fin des débats, l’avocate des parties civiles a fait remarquer à juste titre que Nicolás a fait 15 000km pour essayer de reconquérir Narumi, mais 0km quand elle a disparu.

Le 25 mars, le parquet a requis 30 de réclusion criminelle contre l’accusé, et ce dernier a été condamné le lendemain à la perpétuité, les jurés ayant retenu le caractère prémédité du crime.

Maître Sylvain Cormier, le principal avocat de Nicolás, a dénoncé ce qui est selon lui une punition pour avoir « osé exercer un droit fondamental, se pourvoir en cassation, pour avoir osé contester la condamnation prononcée à Vesoul ». Personnellement, je pense plutôt que c’est une punition pour avoir mis fin à une vie innocente au lieu de se remettre en question, mais chacun à le droit à son opinion.

La défense a déposé un nouveau recours, et la Cour de cassation devra à présent confirmer l’absence de vice de forme concernant cette nouvelle condamnation du chilien de 35 ans qui, si la peine est confirmé, ne sera pas libérable avant ses 51 ans.

Le corps de Narumi, cette jeune étudiante décrite comme pleine de vie, intelligente et généreuse, n’a toujours pas été retrouvé, et Nicolás refuse toujours de révéler où il l’a caché.

C’est tout pour aujourd’hui ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires ou sur Facebook, Twitter (je ne dirai jamais X) et Tiktok, et je vous dis à la prochaine !

Laisser un commentaire

En savoir plus sur Murder, Wine & Cheese

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture