Karl Rose: le rageux

Salut tout le monde ! Aujourd’hui, je ne vous parle pas d’un tueur en série, mais de ce qu’on appelle un tueur de masse. Quelle est la différence ? Les tueurs en série tuent trois personnes ou plus en faisant une pause (de quelques semaines, hein, pas de 45 minutes) entre chaque victime, alors que les tueurs de masse tuent toutes leurs victimes en un seul évènement (même si cet évènement peut durer plusieurs jours).

Maintenant qu’on a défini ce qu’est un tueur de masse, on va parler de celui qui nous a rappelé que la France n’a pas grand-chose à envier aux Etats-Unis niveau détraqués. Mesdames, mes gueux et mes entre-deux, je vous présente Karl Rose.

Un dark Sasuke dès l’enfance

On ne sait pas grand-chose de l’enfance de Karl Rose, mais le peu d’informations qu’on a nous donnent basiquement une vibe à l’exact opposé de son nom de famille.

Karl est né en 1994 à Istres, près d’Aix-en-Provence, d’un père décrit comme passif, et d’une mère alcoolique et tyrannique. Il grandit parce qu’il n’a pas trop le choix, et a beaucoup de mal à fonctionner en société. Il est complexé par son obésité, il n’a pas d’ami, et ses parents lui donnent peu d’affection. La seule lumière dans sa vie, c’est celle qui vient de l’écran de son ordinateur.

L’enfant discret devient un adolescent introverti. Karl passe son temps sur Internet, et perd pied avec la réalité. Il joue h45 aux jeux-vidéos et va sur des sites d’extrême-droite, dont il absorbe les points de vue au point de sortir des énormités racistes au lycée. Et là j’arrête d’avoir pitié. Il est suivi par un éducateur et un psy, il va au lycée, il n’est pas né de la dernière pluie et ces sites ne sont pas la seule source d’informations sur le motherfucking Worldwide Web. Ce que j’essaie de dire, c’est qu’il s’est engagé sur cette voie par choix, darling.

Karl Rose adolescent

Bref, à 16 ans, il se passionne autant pour les armes que pour la suprématie blanche, et commence à vouloir en obtenir une IRL. Pour ne pas aider, ses parents, désormais séparés, acceptent de lui payer un abonnement au stand de tir (si vous vous posez la question, oui, ils ont dit après le drame qu’ils n’ont rien vu venir). Et petit à petit, il commence à obtenir des armes démilitarisées en passant par son ami Internet, et remet ces armes en service avant de les revendre en cachette (oui, c’est du trafic d’armes). Il se fait ainsi arrêter le 17 avril 2012 pour détention d’armes prohibées, et est placé sous contrôle judiciaire (moi je lui aurais mis du ferme, mais bon, je suis pas juge). Cette condamnation ne l’arrête pas du tout, et quelques mois plus tard, Karl retape l’arme de ses rêves, une kalachnikov. Où sont ses parents, me demandez-vous ? Je sais pas, demandez-leur. Karl demande constamment à voir un psychiatre et confesse même ses envies meurtrières à de multiples reprises, mais apparemment ses parents sont trop occupés à…🤷‍♀️?

Le drame

Le 25 avril 2013, le père de Karl constate que celui-ci n’a pas fait la vaisselle, et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase (oui, c’est pathétique, vous avez le droit de rire). Karl, absolument enragé, quitte le domicile familial où il s’est enfermé depuis qu’il a raté son bac (je voulais juste caser cette information gratuitement), et se rend dans les bois où il a l’habitude de cacher ses armes. Il récupère sa kalachnikov, et se met à marcher. Au bout de quelques minutes, il voit Patrice Martinez, un commercial de 36 ans, et Serge Shorjian, un infirmier de 45 ans, discuter devant chez eux dans une impasse. Il court vers eux, se met à tirer, et abat les deux hommes. Comme ça.

Une voiture a le malheur de passer à ce moment-là. Il la voit, il vise, et il tire sur Louisa Aissa-Olivieri. Il monte ensuite dans sa voiture et lui ordonne de rouler. Plus précisément il dit: « Roule, on va à Paris ». Pour rappel, on est à Istres, près de la Méditerranée. Louisa lui répond en quelques phrases ce qui peut être résumé en un « Va manger tes morts » ferme, ce à quoi Karl lui rétorque « Arrête de m’embrouiller le cerveau, je suis en pleine crise de schizophrénie ». Alors, ça c’est intéressant, mon garçon. Intéressant et débordant de bullshit, car comme vous devez vous en douter, le truc avec les crises de schizophrénie, c’est qu’on ne sait pas qu’on en fait une.

Louisa campe sur ses positions, au point que c’est Karl qui s’en va. Malheureusement, cela ne veut pas dire que la tuerie est finie. Il arrête un autre automobiliste, Pierre Tanneux, et le tue.

De gauche à droite: Serge Shorjian, Pierre Tanneux et Patrice Martinez

Après ça, il se rend à l’Etang de Berre, jette sa kalachnikov dans un fourré et s’assoit à un table de pique-nique. Et quand il voit une voiture de police, il l’arrête et se rend en disant « C’est moi, j’ai pété un câble ». Et voilà, la tuerie se finit de manière aussi pathétique qu’elle avait commencé.

Le procès

Une fois en détention, Karl a enfin droit au suivi psychiatrique qu’il demandait depuis si longtemps. Il commence à réaliser l’ampleur du bourbier dans lequel il s’est plongé et dans laquelle il a fait plonger quatre familles, et il commence à chialer. Il s’est probablement mis à chialer encore plus quand il a été déclaré pénalement responsable de ses actes.

Le procès de Karl Rose (putain on dirait un titre de film des années 2000) commence le 5 janvier 2017. Contrairement à d’autres gars de qui j’ai parlé, il est vachement bavard. Il raconte sa vie, ses parents qui lui ont fait des « saloperies », sa plongée dans le trafic d’armes et l’extrême-droite (on va pas se mentir, les deux étaient probablement au même endroit), et sa rage que tout le monde autour de lui a laissé bouillir. Il fait tout de même des pauses dans ses monologues pour s’excuser auprès des familles de ses victimes. Il dit notamment « Je suis vraiment désolé de vous avoir fait du mal.[…]Je suis vraiment une merde ». Heureusement que je n’étais pas là à ce moment-là parce que j’aurais lâché un « I know THAT’s right ! » et je me serais fait embarquer pour outrage ou un truc dans le genre.

Karl Rose à son procès

Bref, Karl se fait condamner le 12 janvier 2017 à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine de sûreté de 22 ans. On sait pas trop ce qu’il fait de ses journées en prison, mais je suppose que ça implique beaucoup de chouineries et de regards dans le vide.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette affaire dans les commentaires ou sur Twitter (@ElsaEtc). Si vous voulez me faire une suggestion ou un don, tout est dans le menu du site ! Sur ce, je vous souhaite une bonne journée/soirée et je vous dis à la prochaine !

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