Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien. Aujourd’hui je vais vous parler d’un homme absolument insupportable qui a manipulé tout le monde autour de lui, au point où quand il a tué deux personnes avec son fils, des gens étaient encore prêts à le défendre. Dans cette affaire, les faits sont entourés d’une véritable toile de mensonges tissée par un homme qui aurait pu mener une vie parfaitement normale s’il n’était pas dans une quête perpétuelle de domination visant à compenser sa propre médiocrité. Si vous n’avez pas compris à quel point le monsieur m’énerve, ne vous inquiétez pas, je vais vous le rappeler tout au long de l’article. Sans plus attendre, voici l’affaire Cretello.
Un patriarche manipulateur et violent

Charles Cretello est né à Marseille en 1952. Son père, qui travaillait dans la marine marchande, était peu présent, et alors que Charles avait 6 ans, ses parents ont divorcé et sa mère s’est remariée. Le petit garçon était apparemment un bon fils et un bon frère qui a obtenu l’admiration de sa soeur cadette Marie-Josée. Une admiration qui est devenue au fil du temps un entêtement naïf d’ailleurs, mais on en parlera plus tard.
Il a vécu une enfance et une adolescence sans événement majeur connu, mais quand on retrouve Charles a ses 19 ans, le petit garçon ordinaire semble être déjà devenu l’homme que vous allez apprendre à détester. En effet, en 1971 il a rencontré Christine, et le couple s’est marié quelques mois plus tard. La même année, Christine a donné naissance à Christophe, ce qui semble expliquer ce mariage ma foi fort rapide. Malgré un enchaînement effrayant (n’oubliez pas que le couple est très jeune) d’événements importants, la famille aurait pu avoir une vie compliquée mais heureuse. Il aurait juste fallu que Charles meure dans un accident tragique. Mais bon, cela n’est pas arrivé, et la jeune mère et son fils se sont retrouvés à devoir apprendre à vivre dans la violence que Charles leur faisait subir au quotidien. Ils ont ainsi vécu dans la peur durant 8 années qui ont dû sembler terriblement longues, et ont finalement été libérés du joug de Charles en 1979, quand le patriarche despotique a décidé de faire sortir la violence du cadre familial.
En cette année 1979, le corps d’un jeune garçon de café a été retrouvé dans la forêt à Niffer, près de Mulhouse, abattu avec un .22 long rifle. Il n’a évidemment pas fallu longtemps aux enquêteurs pour trouver les trois hommes qui l’avaient tué pour une histoire d’argent. Parmi eux, il y avait évidemment Charles Cretello, qui a à ce moment-là trouvé chez la justice un adversaire qu’il ne pouvait pas soumettre. Condamné à 20 ans de prison en 1980, il a enfin offert un répit à sa famille. Christine a saisi l’occasion de divorcer, mais elle n’a (malheureusement) pas complétement coupé les ponts avec la famille de Charles, et Christophe a en partie été élevé par ses grands-parents paternels avec sa cousine Laurence.

Les deux enfants ont été régalés d’histoires enjolivées sur le meurtrier, et quand il a été libéré en 1989, ils l’ont accueilli à bras ouverts. Vous savez ce qu’on dit : il ne faut jamais rencontrer ses héros.
Charles joue sûrement très bien le repenti, puisque même Christine accepte de se remettre avec lui. La famille est donc recomposée, et se lance dans la restauration. Charles ouvre des établissements à Carcassonne et Aubagne, et Laurence devient serveuse pour son oncle. Malgré ce qui est sûrement un emploi du temps chargé, Charles trouve le temps de faire de la vie de ses proches un enfer. Il frappe Christine, il frappe Christophe et l’insulte quand il ne rend pas les coups, et il menace l’enfant à naître de Laurence ainsi que son compagnon maghrébin. Ah oui, j’ai oublié de vous dire qu’il est raciste aussi mais bon, ça étonne qui ici ?
On ne sait pas ce qu’il advient des restaurants de Carcassonne et d’Aubagne, mais on sait que la famille Cretello a fini par s’installer à Roseneau, près de Mulhouse, et reprendre une pizzeria nommée Le Moulin. C’est dans cet établissement, et dans l’appartement familial situé au-dessus, que la famille continue de vivre dans la soumission et la peur. C’est là aussi que ce déroulera le carnage.
Un couple uni dans les péripéties

Alain et Angela Hay se sont rencontrés en boîte de nuit au Havre en 1992, alors qu’ils avaient respectivement 44 et 42 ans, et qu’ils étaient tous deux divorcés avec des enfants. Ils se sont mariés l’année de leur rencontre, et sont devenus un couple très uni malgré leurs personnalités très différentes. En effet, Alain est décrit comme plutôt têtu et colérique, alors qu’Angela semble plus calme. C’est peut-être ces différences qui leur ont permis de trouver un équilibre.
Le couple avait à peine enfilé les alliances qu’il a dû affronter une épreuve de taille. Alain, un ancien docker qui possédait une société de réparation de containers, a perdu un marché et s’est retrouvé du jour au lendemain sans clients. Pas de nature à se laisser abattre, il a poursuivi en justice les autorités portuaires et a réussi à obtenir 1 800 000 francs d’indemnités (432 411€). Une fois cette argent touché, il a repris son train de vie de manière assez ostentatoire, créant ainsi des animosités dans le milieu portuaire.
Il a repris les affaires, mais a quitté les ports pour explorer d’autres types d’affaires : une casse automobile, une brasserie, une entreprise de fenêtre…Alain touchait à tout, mais il n’était manifestement pas Midas. Ces affaires n’ont pas marché, et en 1996 il s’est orienté vers l’import-export de voitures allemandes. Cette affaire a rapidement amené son lot de péripéties, au point où Alain a dénoncé son associé aux impôts avant de trouver un accord à l’amiable le 27 mars 1996.
Durant toutes ces aventures, Angela est restée aux côtés de son mari, pilier calme dans la tempête.
Le couple fait tout ensemble, et voyage beaucoup entre le Havre, l’Alsace et le Sud, souvent avec leur caniche, qui s’appelle Princesse. C’est donc ensemble qu’ils décident de se réinstaller définitivement au Havre pour être plus près de leurs enfants. Mais avant ça, ils doivent faire un dernier voyage en Alsace pour discuter avec un potentiel associé de la reprise d’une brasserie. Cet associé potentiel ? C’est Charles Cretello, malheureusement.
Le dernier voyage
Le 2 avril 1996, le couple Hay quitte Le Havre vers 5 heures du matin et arrive à Mulhouse vers 9 heures. Alain a retiré 500 000 francs (120 114€), car il compte profiter de ce voyage pour acheter une Ferrari d’occasion pour la revendre à profit. Un ami garagiste lui a déconseillé cette transaction très suspecte, mais bon, Alain est têtu. Le couple arrive à Mulhouse aux alentours de 9h. Alain et Angela se rendent dans un appartement qu’ils partagent avec un couple d’amis pour déposer leurs affaires et repartent peu après. Ils ont rendez-vous à la pizzeria de Charles pour parler affaires, et prévoient de revenir à l’appartement de Mulhouse à temps pour le dîner. Le couple ne reviendra jamais.

Les amis, en voyant qu’Alain et Angela ne donnent plus de nouvelles alors qu’Alain a l’habitude d’appeler ses proches jusqu’à plusieurs fois par jour, appellent sa fille Céline. En apprenant que son père était parti avec une mallette pleine d’argent, elle craint une mauvaise rencontre.
Elle se rend avec les amis du couple au journal L’Alsace en espérant pouvoir faire diffuser un appel à témoin, et rencontre le responsable de la rubrique faits divers, Jean-Marie Stoerkel. Celui-ci est à l’écoute, et réagi immédiatement en entendant le nom de Charles Cretello, car il n’a pas oublié l’affaire du jeune garçon de café retrouvé abattu dans la forêt de Niffer 7 ans plus tôt. La police est prévenue, et la PJ de Mulhouse débute son enquête.
Charles Cretello est une piste évidente, mais les enquêteurs décident de faire preuve de bonne foi et d’explorer toutes les pistes avant de se concentrer sur lui. Et les pistes ne manquent pas. La piste de la disparition volontaire est rapidement écartée, mais pas la piste de la vengeance. Alain a des ennemis dans la sphère privée et professionnelle, notamment cet associé sûrement très vexé avec qui il a trouvé un accord la semaine précédant sa venue en Alsace. Une autre piste est celle de la dérive sectaire, que tout le monde a en tête puisqu’à cette période, l’Ordre du Temple Solaire fait tristement les gros titres, et qui est une possibilité puisqu’Alain est passionné d’ésotérisme. Enfin, une piste évidente est l’achat de la Ferrari, qui aurait très bien pu avoir été un stratagème pour attirer le couple Hay et son argent à l’abri des regards.
Des appels à témoins sont diffusés en France, en Allemagne et en Suisse, et les pistes sont écartées une par une, ne laissant que le restaurateur au passé sanglant.
Durant son premier interrogatoire, Charles est calme et affable avec les enquêteurs. Il leur explique qu’Alain et Angela sont bien venus déjeuner chez lui le 2 avril. Il les a accueilli avec son fils Christophe, tandis que Christine et la femme de Christophe sont sorties faire des courses. Les Hay sont partis à 14h30, selon lui pour faire un passage en Allemagne avant de rentrer. Il n’évoque pas du tout la mallette pleine d’argent, que le couple avait pourtant avec lui.
Les enquêteurs doivent se satisfaire de cette version pour l’instant mais quelques jours plus tard, ils apprennent que le couple n’a jamais atteint l’Allemagne.
La découverte brutale
Le 18 mai 1996, un mois et demi après la disparition, la brigade fluviale de Neuf-Brisach fait une découverte macabre dans le Grand canal d’Alsace à Niffer. La Mercedes du couple Hay est repêchée alors qu’elle était à une dizaine de mètres de profondeur. Les vitres sont baissées, les clés sont sur le contact, le levier de vitesse est au point mort, et le sac à main d’Angela est sur la banquette arrière. C’est quand le coffre est ouvert que les enquêteurs réalisent l’ampleur de l’horreur.
Les corps d’Alain et Angela Hay gisent dans le coffre, aux côtés de leur caniche. Les trois ont reçu plusieurs balles. L’autopsie détermine plus tard qu’ils sont morts le jour de la disparition, et qu’Angela était encore en vie quand la voiture a été plongée dans le canal.
La position de Charles en tant que suspect n°1 devient solide comme du béton armé. En effet, non seulement le couple a été repêché dans la ville où il a abattu le pauvre garçon de café en 1979, mais ce dernier, le couple et le chien ont tous été tués avec un .22 LR.
Pour ajouter à la suspicion, Charles a affirmé durant sa première audition avoir eu peu de contacts avec les Hay avant leur venue à Roseneau, mais les relevés téléphoniques indiquent plusieurs appels par jour. Il a également dit que quand les Hay étaient à Roseneau, sa femme Christine et la femme de Christophe sont sorties faire des courses et sont revenues vers 20h. Or, des témoins ont vu les deux femmes revenir à la pizzeria vers 18h.
Réinterrogé le 21 mai, il sort le violon et dit 🎻qu’il est forcément suspect à cause de son passé, mais que les Hay sont seulement venus déjeuner pour lui proposer de s’associer pour reprendre un restaurant au Havre, il le jure il est innocent !🎻Christophe et Christine confirment sa version des faits, mais ne la rendent pas plus crédible.
L’étau se resserre, mais les preuves sont encore trop insuffisantes pour garantir un home run devant le juge d’instruction, alors la famille Cretello est mise sur écoute, et on découvre l’ampleur du poison qu’est Charles Cretello.
Les écoutes
En plus de sa violence gratuite et injustifiable, et comme tout homme médiocre et toxique qui se respecte, Charles est un menteur expert qui trompe sa femme et n’hésite pas à promettre monts et merveilles aux femmes pour les attirer dans son lit. Ne vous inquiétez pas, il n’est pas qu’instabilité et violence, il a son petit côté routinier ! Et dans sa routine, il a une maîtresse régulière avec qui il a même un enfant qui est né en même temps que le dernier de Christine. En bon narcissique, il a nommé les deux enfants Charlie et Charline. Malgré ce lien indélébile, il essaie quand même de casser un peu la routine et de quitter sa maîtresse. Cependant, il ne peut pas le faire normalement alors qu’ils viennent d’avoir un enfant, il passerait pour le méchant de l’histoire ! Et ainsi, les enquêteurs ont une loge VIP pour la véritable pièce de théâtre que Charles organise : il demande à l’un de ses employés de séduire la maîtresse afin que Charles puisse la surprendre en pleine tromperie, sortir son violon et mettre fin à la relation en étant la victime. Malheureusement pour lui, la maîtresse ne mord pas à l’hameçon et il est obligé de prendre ses responsabilités. Je ne sais pas si c’est une bonne chose pour qui que ce soit.
Les enquêteurs ont sûrement fini de cerner le personnage quand en octobre 1997 ils tombent enfin sur quelque chose d’intéressant.
Charles appelle le frère de sa maîtresse pour lui proposer un plan business digne des propositions « Permis facile » que l’on peut voir sur Snapchat et qui ont tendance à finir avec une lettre recommandée avec une Marianne dessus.
Le frère en question est un cuisinier qui aimerait ouvrir son propre établissement, alors Charles lui propose d’investir 150 000 francs (34 605€) en lui promettant qu’il récupèrera le double une fois l’établissement ouvert. Le frère mord à l’hameçon, et Charles part évidemment avec l’argent. Tout ce qu’obtient le pauvre cuisinier ? Des « problèmes de transaction » et un portefeuille qui le regarde un peu de travers. Il aurait peut-être pris une décision différente s’il avait su que Charles n’est pas le Gordon Ramsay qu’il dit être, et que sa pizzeria est en vente car elle ne marche pas du tout.
Les enquêteurs quant à eux commencent à comprendre comment le couple Hay a été attiré à la pizzeria.
Une fois Le Moulin fermé, la famille s’éclate et chacun part de son côté. Christophe déménage avec sa femme à Marseille, Christine s’installe à Rians dans le Var, et Charles reste en Alsace avec sa maîtresse, rendant régulièrement visite à son épouse entre deux parties de jambes en l’air.
Cependant, tout le monde a à peine eu le temps de défaire ses valises que les enquêteurs passent enfin à l’action. Le 9 juin 1998, la famille Cretello est arrêtée : Christophe à Marseille, Christine à Rians et Charles en Alsace.
Les gardes à vue
Vous connaissez les italiens, ils peuvent être têtus. Durant les premières heures de garde à vue, les Cretello campent sur leurs positions et maintiennent leur version des faits. Cependant, une fois le palier des 24h passé, la fatigue et la pression deviennent dures à supporter, surtout pour Christine. Les enquêteurs lui parlent de l’infidélité de son mari, de cet enfant né en même temps que le sien. Ils lui font même écouter certains enregistrements pour enfoncer le clou. Enfin, quand ils lui disent qu’on la vu revenir à 18h à la pizzeria, elle craque. Elle admet avoir menti, et explique qu’elle est revenue en fin d’après-midi mais que Christophe est sorti et ne l’a pas laissée entrer dans la pizzeria. Elle a vu à la tête de son fils que quelque chose n’allait pas, mais quand Charles est sorti à son tour et a dit au femmes de retourner faire un tour parce que les deux hommes étaient occupés, elle n’a eu d’autre choix que de faire demi-tour. Elle a d’ailleurs remarqué à ce moment-là que la Mercedes des Hay était garée sur la terrasse.
Confronté aux déclarations de sa mère, Christophe change de version à son tour. Il dit d’abord que durant le déjeuner du 2 avril, il a sorti les chiens et a trouvé les corps sans vie des Hay en rentrant. Puis il se met à pleurer, et dit finalement qu’il a tué Angela. Il explique que le déjeuner s’était bien passé, qu’Alain s’était allongé après avoir fini le repas. Christophe serait alors allé dans la cuisine avec son père, et ce dernier lui aurait ordonné de tuer les invités. N’osant pas désobéir à son père, Christophe aurait donc attiré Angela à la cave et lui aurait tiré dessus par derrière. Il serait ensuite remonté sans même s’assurer qu’elle était morte et aurait rendu l’arme à son père, qui aurait abattu Alain avec. Une fois les invités exécutés, les deux hommes auraient nettoyé le sang dans le salon. Christine a été autorisée à rentrer chez elle vers 20h, mais elle a été enfermée dans l’appartement. Les deux hommes auraient mis les corps dans la Mercedes, que Charles aurait conduit vers le canal tandis que Christophe le suivait dans son propre véhicule. Enfin, ils auraient poussé ensemble la voiture dans l’eau avant de rentrer.
La conjugaison de ce paragraphe n’est pas une erreur, vous allez comprendre pourquoi.
Charles est à son tour mis face aux déclarations qui contredisent sa version des faits, et donne une toute nouveau récit des événements. C’est lui qui aurait tué les deux victimes, et son fils n’aurait aidé que pour le nettoyage de la scène de crime. Le mobile ? Certainement pas l’argent ! Certes il l’a dépensé, mais Charles a simplement tué le couple parce qu’Alain se la pétait un peu trop à son goût. Ouais, ça doit être ça…
Les enquêteurs ne cherchent pas à démêler le vrai du faux. Après tout, on pourra le faire au tribunal. Le 11 juin 1998, père et fils sont mis en examen.
Ne jamais faire confiance à un menteur
Devant le juge d’instruction, Charles continue de jouer le père de famille dévoué. C’est lui qui aurait dépensé l’argent des Hay, Christophe n’aurait utilisé que 50 000 francs (11 535€). Pour information, Christine n’a rien eu du tout, mais bon ça n’étonne personne, c’est à peine si elle est une personne aux yeux de son mari. Elle a quand même remarqué l’apparition soudaine de liasses de billets neufs, mais a préféré ne pas poser de questions.
Le 16 mars 2000, une reconstitution est organisée à la pizzeria de Roseneau. Charles est fidèle à lui-même, confiant et autoritaire, mais Christophe semble absent. Malgré son apathie, il est très précis sur sa version des faits, tandis que son père devient très imprécis quand on évoque le meurtre d’Angela Hay. De plus, il continue d’affirmer avoir traîné les deux corps lui-même, ce qui est presque impossible vu le poids que faisait Alain. Le juge d’instruction finit donc par retenir la version de Christophe concernant les faits du 2 avril 1996. Mais alors qu’il est sur le point de clôturer le dossier, Charles semble se lasser de son déguisement de père dévoué et retourne sa veste.
Il commence avec la visiteuse de prison chargée de le soutenir administrativement et psychologiquement. Il remarque sûrement qu’elle l’affectionne, et en profite pour dégainer son violon : 🎻il est innocent, il a seulement avoué pour protéger son fils, mais en fait c’est ce dernier qui a commis les meurtres !🎻
La visiteuse le croit et lui trouve même un avocat qui le croit aussi. Pour ajouter à ce scénario de héros incompris, Charles a un comportement exemplaire en détention et sauve même la vie d’un gardien qui se faisait attaquer par un autre détenu.
Au final, la visiteuse et le nouvel avocat arrivent à le « convaincre » de se rétracter, ce qu’il fait le 24 octobre 2000. Il raconte sa nouvelle version au juge d’instruction : 🎻en cette fameuse journée du 2 avril, il avait besoin de prendre l’air alors il a sorti les chiens vers 14h30. Qui aurait pu prévoir qu’en rentrant vers 16h (oui c’était une longue balade), il trouverait son fils, paniqué, lui disant qu’il avait fait « une grosse connerie ». Il aurait découvert les corps, et aurait d’abord dit à son fils de se débrouiller, mais il n’aurait pas réussi à laisser son fiston faire face à tout ça tout seul, alors il l’aurait quand même aidé à mettre les corps dans la Mercedes. Après tout cela, il n’aurait même pas touché à l’argent, c’est son fils qui aurait tout dépensé. Il est innocent, il le jure il dit la vérité cette fois !🎻
Ces « révélations » retardent l’instruction. mais les deux hommes Cretello finissent quand même par être renvoyés aux assises de Colmar pour le double meurtre.
Les procès


Dès le premier jour du procès en juin 2003, on sait à quoi s’en tenir concernant les deux accusés. Charles a l’air vachement confiant pour un père dévoué et meurtri, et Christophe a l’air d’un zombie à cause des anxiolytiques. Christine, elle, a trouvé son courage. Elle a demandé le divorce et n’hésite pas à témoigner du terrible mariage qu’elle a subi.
L’avocat de Charles, quant à lui, est prêt à tout pour disculper son client. Il fait même venir la directrice de la prison où il était incarcéré pour qu’elle témoigne de son comportement exemplaire durant sa détention provisoire. Ce témoignage un peu inutile est rapidement éclipsé par celui de Laurence, qui vient raconter l’enfer que faisait vivre Charles à sa famille.
D’ailleurs, malgré le témoignage de sa fille traumatisée, Marie-Josée reste convaincue de l’innocence de son frère. Selon elle, si il était aussi violent qu’on le dit, Christine ne serait pas restée aussi longtemps avec lui, et elle ne lui aurait surtout pas laissé sa fille. Laurence est une menteuse, du coup ?
L’angle du gentil papa qui sauve des gardiens de prison n’ayant rien donné, l’avocat de la défense s’en prend aux expertises, puis affirme (sans preuves) que puisque Christophe a eu des hallucinations en prison, il doit souffrir de problèmes psychiatriques et a dû tuer les Hay dans un coup de folie. Là-dessus aussi, la théorie est mise à mal par l’experte psychologue qui a examiné Christophe durant sa détention provisoire. Elle explique à la barre qu’il ne souffre pas de troubles le rendant dangereux au point de commettre un double meurtre, mais qu’il souffre par contre d’une soumission excessive à son père. De plus, il n’a aucune expérience criminelle, alors passer d’une vie ordinaire au double meurtre crapuleux semble être un virage improbable.
Après 4 heures de délibéré, Charles et Christophe Cretello sont tous deux condamnés pour les deux meurtres. Charles écope d’une perpétuité avec 22 ans de sûreté, tandis que son fils est condamné à 20 ans de prison.
Marie-Josée crie à l’acharnement contre son frère, qui lui a dit après le verdict que 🎻certes il mérite la prison pour avoir aidé son fils à se débarrasser des corps, mais qu’une telle peine est beaucoup trop excessive.🎻
Malgré la « cruauté » de la justice, Charles ne se laisse pas abattre et fait appel. Considérant que dans cette affaire, un accusé ne peut pas être jugé sans l’autre, le procureur fait appel de la condamnation de Christophe.
Les deux comparaissent donc un an plus tard devant la Cour d’appel pour enlèvement, escroquerie et assassinats. Christophe semble avoir un peu plus confiance en lui, et confronte directement son père quand ce dernier essaie de le jeter sous le bus. Au final, la peine de sûreté de Charles est réduite d’un an, et la peine de Christophe reste la même, à la différence près qu’il est condamné seulement pour le meurtre d’Angela.
Charles tente de se pourvoir en cassation, mais sans succès. La Cour de cassation n’aime manifestement pas le violon.
En 2007, l’État français est condamné par la Cour Européenne des Droits de l’Homme à verser 5000€ à Charles Cretello pour une durée de détention provisoire excessive. J’avoue que 5 ans c’est un peu trop…
Charles profite sûrement de cet argent avec sa nouvelle femme. En effet, le meurtrier incarcéré à Ensisheim a réussi à trouver à nouveau l’amour avec la secrétaire de son avocat, Viviane. Elle est convaincue de son innocence, qu’il continue de crier sur tous les toits jusqu’à sa mort le 21 janvier 2017. Bon débarras.
On a pas de nouvelles du reste de la famille Cretello, ni de la famille des Hay. J’espère néanmoins que toutes les personnes impactées ont pu guérir après avoir tant perdu à cause d’un homme qui n’a pas assumé sa médiocrité.
C’est tout pour cette affaire ! N’hésitez pas à me dire ce que vous en pensez dans les commentaires ou sur Twitter (je ne dirai jamais X) et Tiktok, et je vous dis à la prochaine !

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