Patrick Tissier, l’ogre de Perpignan

Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien. Prenez une tisane pour ce cas parce que vous allez être très en colère. Sans plus attendre, voici l’affaire de l’Ogre de Perpignan, Patrick Tissier !

Patrick Tissier (Source: Murderpedia)

Un enfant désaxé

Patrick Tissier est né le 24 août 1952, à Bourges. Il est le benjamin de 6 enfants.

Son enfance est loin d’être un long fleuve tranquille. Son père est très violent, et sa mère, décrite comme volage, quitte la famille en 1963. Son père se remet alors en couple avec une certaine Maria Luna, mais le climat familial ne s’améliore pas, au point où plusieurs des frères et soeurs de Patrick tentent de se suicider. Si vous êtes tenté de considérer le petit Patrick comme une victime, attendez un peu, parce que votre pitié est très mal placée.

En 1965, alors qu’il a 12 ans, Patrick tente de violer sa sœur. Celle-ci arrive à le raisonner et il s’arrête, mais rien n’est fait pour éviter qu’il recommence. Ce n’est qu’en 1969, après deux tentatives de viol sur sa belle-mère, que la DDASS, ancien équivalent de l’Aide Sociale à l’Enfance, sera saisie. Un suivi est effectué par un juge des enfants, mais Patrick n’est pas placé, ce que je peux ajouter à la liste des faits qui m’empêchent de dormir la nuit. Heureusement, il ne commet plus de violences pendant cette période.

Vers la fin de son adolescence, il rencontre Marie-Françoise Pinson, une apprentie coiffeuse de 16 ans, alors qu’il travaille comme pompiste dans une station-essence. Les deux entament une relation amoureuse, et à l’époque tout le monde les voit comme deux tourtereaux ordinaires. Pourtant, Marie-Françoise est en couple avec un prédateur, qui finit malheureusement par passer à l’action.

Marie-Françoise Pinson (Source: Faites entrer l’accusé)

Le premier crime

Le 1er mai 1971, alors que Patrick s’apprête à partir pour le service militaire, il se rend à un bal avec Marie-Françoise. En sortant de ce bal, ils se promènent le long d’une rivière. C’est là que Patrick commence à lui faire des avances sexuelles, que Marie-Françoise refuse. Et les choses dégénèrent. Patrick l’étrangle, la déshabille, la viole, et jette son corps dans la rivière.

Le corps de Marie-Françoise est retrouvé le lendemain par des promeneurs, et Patrick est immédiatement soupçonné pour le meurtre. Il est arrêté le 3 mai 1971.

Patrick Tissier à sa première arrestation (Source: Murderpedia)

En avril 1972, il est condamné à 20 ans de réclusion criminelle. C’est le fait qu’il soit mineur (la majorité était à 21 ans à ce moment-là) qui lui permet d’échapper à la peine de mort et à la perpétuité. Cette histoire devrait s’arrêter là, mais malheureusement, la fin est encore loin.

La première cavale

En prison, Patrick est un détenu exemplaire, et finit par obtenir des permissions de sortie. Ses 5 premières sorties se passent bien. La sixième est une tragédie.

Le 22 décembre 1982, à Toulouse, Patrick menace une secrétaire en pause déjeuner avec un pistolet à grenaille. Il l’oblige à conduire sa propre voiture hors de la ville, avant de la violer et de s’enfuir.

Le lendemain, il tente de violer une deuxième femme, mais celle-ci réussit à s’échapper. Patrick arrive malgré tout à lui voler son sac. En effet, en plus d’être un tueur et un violeur récidiviste, c’est aussi un voleur. Quitte à être un enfoiré, autant aller jusqu’au bout…

En avril 1983, il est repéré par des passants pendant un vol avec violence à Nice, et il est arrêté. Il est jugé en 1985, et condamné à 10 ans de prison ferme. 

Une libération prématurée

Tristement, ce n’est qu’en prison que Patrick se comporte bien, et c’est ainsi qu’il est libéré après seulement 8 ans et demi de détention, le 4 janvier 1992. Il part se refaire une vie à Perpignan, où il est abordé par une mormone. Il commence à fréquenter l’Eglise des Saints des Derniers Jours, et se fait même baptiser. Il se fait beaucoup de nouveaux amis, qui n’ont aucune idée de son passé. Parmi ces amis, il y a la famille Volckaert, avec qui il va nouer des liens particuliers. Il aide la famille financièrement et passe beaucoup de temps avec eux, au point où les enfants de la famille l’appellent “tonton Patrick”. C’est encore un moment où j’aimerais que l’histoire s’arrête là, qu’il vive une vie tranquille, réhabilité. Mais la face sombre de “tonton Patrick” finit par refaire surface.

Le carnage

Le 6 août 1993, dans des circonstances encore aujourd’hui très floues, il étrangle Concetta Lemma, sa voisine de palier de 45 ans, probablement après l’avoir violée. Il la ligote et l’enveloppe dans un rideau de douche, avant d’aller la cacher dans le tunnel souterrain des “Coves” à Canohès.

Concetta Lemma (Source: Faites entrer l’accusé)

Les deux filles de Concetta signalent rapidement sa disparition, avec l’aide de Patrick. Cependant, les enquêteurs ne les prennent pas au sérieux, car Concetta a des relations avec des criminels de la région et doit comparaître pour complicité de trafic de drogues en septembre. Les autorités considèrent donc qu’elle est en fuite. De plus, la voiture de Concetta a disparu et sa carte de crédit continue à fonctionner ce qui, pour les enquêteurs, montre qu’elle n’est pas en danger. Patrick n’est même pas suspecté.

Presque un mois plus tard, le 10 septembre, Patrick débarque chez une amie, Marie-Josée Gauze, pour “boire un coup”. Marie-Josée n’a pas beaucoup de temps à lui accorder, et quand il lui fait des avances agressives, elle refuse fermement. Patrick fait mine d’accepter, mais quand il part, Marie-Josée ne verrouille pas la porte derrière lui. Il en profite pour se réintroduire chez elle et l’agresser. Elle se défend de toutes ses forces, et Patrick lui dit: “Oh salope, t’es une dure à cuire”.

Marie-Josée Gauze (Source: Faites entrer l’accusé)

Il l’étrangle jusqu’à ce qu’elle perde connaissance, avant de très probablement la violer. Lorsqu’elle se réveille, Patrick lui dit: “Il faut que je t’achève, t’es la seule à me résister.” Heureusement, Marie-Josée arrive à le raisonner, et il finit par s’enfuir. Marie-Josée appelle immédiatement la police, qui n’arrive pas à localiser Patrick, lui laissant le champ libre pour une dernière tragédie.

Le 13 septembre, il attend devant l’école de Karine Volckaert. La petite fille de 8 ans devait rentrer avec sa voisine et son frère, mais elle a choisi de rester jouer encore un peu. Son frère devait revenir la chercher une heure plus tard, mais absorbé par les dessins animés, il n’a pas vu l’heure passer. Karine est donc à la merci du prédateur. Lorsqu’elle sort à 18h, elle reconnaît tout de suite “tonton Patrick” et accepte de monter dans sa voiture. Patrick lui dit qu’il va la ramener chez elle, mais qu’ils vont “jouer à un jeu” d’abord. Il la menotte, la bâillonne, et lui dit de se cacher sous un siège de la voiture. Il l’emmène ensuite à Fitou, à 2 heures de Perpignan, et se gare près d’une maison abandonnée. C’est là qu’il viole la petite fille. Après cela, il l’étrangle, puis la viole à nouveau, avant de cacher son corps dans un puits de la maison, qu’il recouvre de déchets.

Karine Volckaert (Source: Murderpedia)

Les enquêteurs, prévenus immédiatement lorsque le frère de Karine et la voisine se sont rendus compte qu’elle n’était plus là, font rapidement le lien avec l’agression de Marie-Josée. En effet, celle-ci leur explique qu’ils sont déjà passés ensemble devant la maison des Volckaert, et que Patrick lui a dit qu’il les connaissait. De plus, un camarade de classe de Karine dit aux enquêteurs qu’il a vu Karine monter dans une voiture de couleur crème avec un homme qu’elle avait l’air de connaître. Le signalement de Patrick est diffusé dans toute la France.

Le 21 septembre 1993, Patrick est enfin repéré à Paulhan, dans l’Hérault, et est arrêté après une course-poursuite. Il se rend sans résister, malgré la présence de plusieurs armes à feu dans sa voiture.

Les aveux

Patrick est interrogé une première fois, mais ne dit rien. C’est alors qu’il est sur le point d’être remis au service d’enquête de Perpignan qu’il dit aux enquêteurs qu’il va leur montrer où est Karine, et les mènent jusqu’au corps. Après ça, il avoue également l’agression de Marie-Josée. Il est inculpé et placé en détention provisoire.

Pendant cette détention, il écrit beaucoup de lettres à la juge d’instruction, allant jusqu’à dire qu’il est amoureux d’elle. C’est à elle qu’il finit par avouer le meurtre de Concetta Lemma. Néanmoins, il ment plusieurs fois sur l’emplacement de son corps, avant de mener les enquêteurs jusqu’au tunnel à Canohès.

Le procès

Le procès de Patrick Tissier commence le 26 janvier 1998. Ce procès est très dur pour les victimes et leurs familles. Marie-Josée Gauze fait une crise d’asthme le premier jour, et lorsque le meurtre de Karine est abordé, sa mère fait un malaise. Malgré tout cela, Patrick reste très calme, et explique qu’il avait simplement des pulsions, et qu’il considérait ses victimes comme des “tas de chair et d’os”. Les experts psychiatres assurent qu’il ne souffre pas de pathologie mentale (si ce n’est sa perversité narcissique), mais qu’il associe violence et sexualité.

Le 30 janvier 1998, Patrick est condamné à la perpétuité avec une période de sûreté de 30 ans. À l’énoncé du verdict, il s’excuse et déclare qu’il ne veut pas que Perpignan ne connaisse un autre Patrick Tissier. Nous non plus…

Il est bon de noter que depuis cette affaire, une loi a été votée pour permettre de condamner les tueurs d’enfants à une perpétuité incompressible, mais que cette loi n’est généralement pas appliquée.

Voilà, c’est tout pour aujourd’hui ! N’hésitez pas à me dire ce que vous pensez de cette affaire dans les commentaires ou sur Twitter (@mwacpod). Allez regarder des vidéos de loutres ou de chats pour vous détendre, et je vous dis à la prochaine !

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