Hubert Caouissin ou l’affaire Troadec: 4 morts pour un délire

Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien. Je suis contente d’être de retour, ça fait un bail ! Aujourd’hui, je vais vous parler d’une affaire qu’on a beaucoup comparé avec l’affaire Dupont de Ligonnès, simplement parce qu’elle se passe dans le même coin. Mesdames, messieurs, et tout le monde entre les deux, voici l’affaire Troadec !

La disparition

Avant toute chose, présentons les victimes, les Troadec.

D’abord il y a Pascal, le patriarche. Il a 49 ans au moment des faits. Il travaille pour un fabricant d’enseignes publicitaires. Il est décrit comme parfois colérique.

Puis il y a Brigitte, sa femme, qui a 49 ans elle aussi. Elle est fonctionnaire du Trésor Public à Nantes. Elle est décrite comme discrète.

Sébastien, leur fils aîné, a 20 ans au moment des faits. Il est étudiant en BTS, et est très actif sur les réseaux sociaux, où il parle de ses relations difficiles avec son père.

On ne sait pas grand-chose de Charlotte, la petite dernière. Elle a 18 ans au moment des faits, et est elle aussi étudiante.

Au final, la famille Troadec était une famille normale d’Orvault (près de Nantes), qui avait ses petits problèmes, mais qui globalement était sans histoires. Mais vous vous doutez bien que si je vous en parle aujourd’hui, c’est que les choses ont pris une tournure tragique.

La famille Troadec

La disparition de la famille est signalée le 23 février 2017 par l’une des soeurs de Brigitte, Martine.

Quand la police arrive chez eux, les lits n’ont plus de draps, il y a des traces de sang dans plusieurs pièces de la maison, des affaires sont éparpillées, mais d’autres ont disparus. En effet, tous les téléphones et ordinateurs ne sont plus là. Il ne reste que le téléphone de Sébastien, ensanglanté. La voiture de Sébastien a elle aussi disparue.

L’affaire commence à rappeler l’affaire Dupont de Ligonnès, alors la pression monte rapidement. Une fiche de recherche pour Sébastien est immédiatement diffusée. Cependant, il ne reste pas le seul suspect bien longtemps.

Effectivement, la famille de Brigitte parle rapidement aux enquêteurs du conflit entre la famille et Hubert Caouissin, le beau-frère de Pascal. Mais qui est-il ?

Hubert et son or

Hubert Caouissin

Hubert Caouissin, un chaudronnier de la région de Nantes, est né à Brest en décembre 1970. Il avait un père aimant, qui est malheureusement décédé jeune, et une mère qu’il décrit comme alcoolique et tyrannique. En 2006, il rencontre Lydie Troadec, la soeur de Pascal. Elle vient d’une famille peu aimante et stricte de Brest.

Le couple s’installe dans une ferme de Pont-de-Buis, près de Nantes, et a un fils, que les deux tourtereaux éduquent de façon quasi militaire. La famille vit complètement isolée, au point où le fils est scolarisé à domicile. Cette dynamique, déjà toxique, est encore plus mise à mal lorsqu’Hubert fait un burnout au travail et Lydie contracte un cancer du sein. À tout cela vient s’ajouter un délire d’Hubert: il est persuadé que Pascal Troadec lui a volé des lingots d’or quand il faisait des travaux chez lui, et réussit à persuader sa femme de sa théorie. Hubert va jusqu’à monter un dossier contre Pascal, où il inclut des notes sur les dépenses de la famille Troadec, qui apparemment menait la grande vie alors qu’ils étaient d’ordinaire radins. Dans sa paranoïa, il pense même que Pascal et Brigitte complotent pour tuer son fils, un ayant droit du magot volé.

L’enquête

Hubert et Lydie sont placés une première fois en garde à vue le 24 février. Hubert est très bavard: il parle du vol de son or, et quand il est en voiture avec les enquêteurs, il raconte l’histoire des endroits devant lesquels ils passent. Lydie, elle, est paniquée, mais elle confirme être persuadée que son frère a volé l’or d’Hubert alors qu’elle n’a jamais vu les lingots. Le couple, par contre, dit ne pas avoir interagi avec la famille depuis une réunion de famille houleuse en 2015. Cependant, la suite de l’enquête va prouver le contraire.

Le 1er mars, un pantalon, la carte bancaire et la carte Vitale de Charlotte sont retrouvés près de Brest, à 300km de Nantes. Un chien pisteur permet de retrouver près de là un drap découpé, et 2 livres scolaires au nom de Pascal. Le lendemain, la voiture de Sébastien est retrouvée sur le parking d’une église à Saint-Nazaire, avec des traces de sang dans l’habitacle. Sébastien est toujours suspecté, mais on ne comprend pas comment il aurait pu faire tout ça seul. De toute façon, il est complètement exonéré deux jours plus tard.

En effet, le 3 mars, l’une des traces d’ADN retrouvée dans la maison des Troadec est identifiée comme appartenant à Hubert. Sa maison est alors perquisitionnée. Son ordinateur est analysé, et dedans on découvre:

  • des photos de la rue et de la maison des Troadec
  • des historiques de recherche sur le cours de l’or et sur la famille
  • 800 000 (non ce n’est pas une faute de frappe) images pornographiques, pédopornographiques et zoophiles
  • des enregistrements et des transcriptions de conversations avec les Troadec, obtenus par Lydie grâce à un dictaphone qu’elle cachait dans son soutien-gorge lors des interactions avec la famille.

Chez le couple, on retrouve également un carnet de notes où Lydie notait des informations sur la famille Troadec et leur train de vie. Dedans, elle qualifie Pascal de « crapule » et Brigitte de « grosse dondon ».

En parallèle, la tante de Pascal, Gilberte, révèle aux enquêteurs que Pascal avait reçu 5 lettres de menaces de mort, dont une dont il savait qu’elle était d’Hubert. Celui-ci a-t-il laissé son délire le conduire à l’irréparable ?

Les aveux

Le 5 mars, le couple Caouissin est replacé en garde à vue, et cette fois, Hubert avoue les meurtres.

Selon lui, il est allé chez les Troadec le 16 février avec un appareil photo et un stéthoscope pour écouter aux portes (comme tout homme équilibré). Il voulait faire le dessin d’une clé pour pouvoir revenir une fois la maison vide. Mais il a fait du bruit et a réveillé Pascal. Celui-ci est alors descendu avec un pied de biche et a menacé Hubert avec. Hubert a réussi à s’emparer du pied de biche et a frappé toute la famille avec. Au moment d’être tués, Sébastien et Charlotte sont couchés dans leur lit.

Une fois la famille tuée, il est rentré chez lui à Pont-de-Buis, couvert de sang selon Lydie, à qui il a demandé de l’aider à mettre les corps dans la voiture de Sébastien, ce qu’elle fait. Hubert a ensuite essayé de faire disparaître les corps en les démembrant et en en brûlant une partie dans la chaudière de sa ferme. Il a ensuite jeté les restes dans des buissons et les a enterrés.

Le 20 février, le couple Caouissin est retourné à Orvault pour récupérer certaines affaires de la famille. Lydie a ensuite déposé la voiture de Sébastien à Saint-Nazaire. Selon elle, elle n’a pas dénoncé Hubert parce qu’elle avait peur d’être séparée de son fils. D’ailleurs, Hubert lui a avoué le meurtre.

Hubert reprend le travail après les meurtres, et dit à ses collègues avoir fait une “connerie”. Il fait aussi des recherches sur l’affaire Dupont de Ligonnès. Lydie continue de prendre ses notes comme si de rien n’était. 

Le 6 mars, le couple est mis en examen et placé en détention provisoire. Lydie est remise en liberté sous contrôle judiciaire début juillet. Son fils de 8 ans, d’abord recueilli par sa grand-mère, finit par être confié à l’Aide Sociale à l’Enfance. 

Le 8 mars, des restes humains sont retrouvés lors d’une fouille dans un champ de Pont-de-Buis. 

La famille Troadec ( ce qu’il en reste, en tout cas) est enterrée le 19 mai à Landerneau (Finistère), ville natale de Brigitte.

Le procès

Le 22 juin 2021, le procès du couple commence.

Pour les experts, Hubert possède une vulnérabilité narcissique, des carences affectives datant de l’enfance, et une dépression atypique ayant provoqué un délire altérant son discernement. Selon eux, Lydie a suivi son mari dans son délire, mais son discernement n’a pas été altéré.

Hubert affirme au procès qu’il a agi seul pour protéger Lydie, mais les reconstitutions prouvent le contraire. 

Hubert finit par être condamné à 30 ans. Il ne fait pas appel de sa condamnation, mais il fait appel concernant les indemnités qu’il doit verser aux familles des victimes. Lydie est condamnée à trois ans de prison dont un an avec sursis et obligation de soins. Elle devrait donc être complètement libre d’ici 2024.

Au final, le couple a été condamné, mais l’or volé, genèse de la tragédie, n’a jamais été retrouvé, et son existence n’a jamais été prouvée. Il est donc probable que la famille Troadec soit morte pour rien…

Voilà pour aujourd’hui, j’espère que vous avez aimé cette affaire ! Si c’est le cas, n’hésitez pas à me le dire en commentaire, sur Twitter (@mwacpod) ou sur Reddit (r/Murder_Wine_Cheese). Faites également un don si vous le pouvez en cliquant ici.

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