Marcel Petiot, l’homme qui a pris le serment d’Hypocrate pour une suggestion

Salut tout le monde, j’espère que votre confinement se passe bien ! En ce qui me concerne, j’ai eu l’occasion cette semaine de me plonger dans une affaire tellement anarchique que même un scénariste de Fast & Furious admettrait qu’elle n’a aucun sens. Installez-vous donc confortablement, faites-vous un café ou un thé, prenez des chips ou des gâteaux, et accrochez-vous bien, parce qu’aujourd’hui je vais vous raconter l’histoire du docteur Marcel Petiot.

Commençons par le début du commencement de l’introduction de la genèse. Marcel Petiot est né le 17 janvier 1897 à Auxerre. Son père travaille dans le bureau de poste du coin, et sa mère est une femme au foyer. La famille est à peu près normale, si ce n’est que Mme Petiot a de graves troubles psychiatriques.On décrit Marcel comme un enfant intelligent, mais perturbé. En lisant ça, vous vous imaginez sûrement un petit garçon qui fait des dessins bizarres ou qui marche à cloche-pied tous les jours impairs du mois. Vous n’êtes pas près (TW: faites un câlin à votre chat). Prenez une grande inspiration…

Marcel faisait bouillir les pattes des chats du quartier avant de les étrangler. Prenez quelques secondes pour digérer ça si besoin, parce que ce n’est que le début.À 8 ans, il distribue des photos pornos à ses camarades. À 11 ans, il TIRE UN COUP DE FEU EN PLEIN MILIEU D’UN COURS ! Comment ça se fait que l’histoire ne s’arrête pas là ? Y avait pas un adulte dans le coin pour appeler le commissariat pour dire que le petit Marcel, 11 ans, a débarqué en cours d’histoire avec un flingue ? Je –

Bref, personne ne réagit et le petit Marcel continue son enfance chaotique. Un an plus tard, comme s’il était pas assez perturbé, sa mère meurt à l’asile. Est-ce que vous pensez que ce petit obtient un peu d’aide après ça ? NOPE !À partir de là, on perd Marcel de vue jusqu’à la fin de son adolescence. À 17 ans, il vole le courrier de ses voisins sans aucune raison apparente mais n’est pas emprisonné, car il est diagnostiqué comme bipolaire socialement inadapté (gardez ça dans un coin de votre tête). Deux ans plus tard, en 1916, c’est la Première Guerre Mondiale, et il envoyé au front. Il y passe 6 mois avant d’être blessé au pied. Il est alors envoyé en convalescence, et vole les couvertures de l’hôpital où il est placé ???? Bon, à ce moment-là, personne n’a le temps de blaguer avec lui, alors il est envoyé à la prison militaire d’Orléans. Mais même là, personne peut le gérer, alors on le refile à l’asile de Fleury-les-Aubrais. On le renvoie au front en 1918, mais cet abruti arrive à se tirer une balle dans le pied, et vu que c’est la fin de la guerre, tout le monde s’en bat les couilles. Une fois l’armistice signé, il est renvoyé à la vie civile et peut débuter sa carrière de magicien (continue de lire, tu vas comprendre).

Bref, personne ne réagit et le petit Marcel continue son enfance chaotique. Un an plus tard, comme s’il était pas assez perturbé, sa mère meurt à l’asile. Est-ce que vous pensez que ce petit obtient un peu d’aide après ça ? NOPE !À partir de là, on perd Marcel de vue jusqu’à la fin de son adolescence. À 17 ans, il vole le courrier de ses voisins sans aucune raison apparente mais n’est pas emprisonné, car il est diagnostiqué comme bipolaire socialement inadapté (gardez ça dans un coin de votre tête). Deux ans plus tard, en 1916, c’est la Première Guerre Mondiale, et il envoyé au front. Il y passe 6 mois avant d’être blessé au pied. Il est alors envoyé en convalescence, et vole les couvertures de l’hôpital où il est placé ???? Bon, à ce moment-là, personne n’a le temps de blaguer avec lui, alors il est envoyé à la prison militaire d’Orléans. Mais même là, personne peut le gérer, alors on le refile à l’asile de Fleury-les-Aubrais. On le renvoie au front en 1918, mais cet abruti arrive à se tirer une balle dans le pied, et vu que c’est la fin de la guerre, tout le monde s’en bat les couilles. Une fois l’armistice signé, il est renvoyé à la vie civile et peut débuter sa carrière de magicien (continue de lire, tu vas comprendre).

Le 11 mars 1944, la concierge du 22 rue Lesueur appelle le commissariat pour se plaindre de la fumée qui sort du 21. Les keufs débarquent, mais un mot sur la porte dit que les propriétaires des lieux sont partis à Auxerre pour un mois. Le commissaire Massu se dit alors « nique sa mère » et appellent les pompiers pour qu’ils défoncent la porte. Blablabli, blablabla, tout le monde rentre dans la maison, et devinez quoi ? C’est des bouts de cadavres qui sont en train de cramer. Des bouts de 17 cadavres pour être plus exact !Nos chers officiers de police, après avoir dégueulé dans un coin, se mettent à faire du porte à porte pour savoir à qui appartient tout ce bordel. Et alors qu’ils apprennent que l’homme qu’ils recherchent est Marcel Petiot, celui-ci ramène sa tronche en bicyclette ! Bon, il est pas stupide à ce point, il se fait passer pour son frère et dit que les cadavres dans la cave sont des nazis et des collabos, et que Marcel (qui n’est pas lui, évidemment) est un résistant. Et puis il se barre. Les policiers reprennent la fouille et découvrent 10 cadavres de plus enterrés sous de la chaux dans la cour. Ils se disent que même pour un résistant, ça fait beaucoup, alors ils se rendent au 66 rue Caumartin, l’autre repère de Petiot. Sa femme leur ouvre la porte, leur dit qu’il est pas là, les envoie chier et retourne faire son pot-au-feu. Les policiers n’ont plus rien d’autre à foutre, alors ils retournent au 21 rue Lesueur le lendemain et appellent des fossoyeurs pour déterrer les cadavres.Pendant qu’on les déterre, le commissaire Massu, chargé de l’enquête, se dit que c’est chelou quand même de foutre un repère de résistants à quelques rues du siège de la Gestapo. C’est alors que ses deux neurones se connectent après des années d’efforts et qu’il se rend compte qu’on s’est foutu de sa gueule, mais il est déjà trop tard. Marcel et Georgette Petiot ont disparu comme par magie.

La police met le paquet pour les retrouver, parce qu’ils savent qu’ils sont en train de passer pour des grands imbéciles. Georgette, son fils Gérard, et Maurice, le véritable frère de Marcel, sont rapidement retrouvés à Auxerre. On fout tout ça dans une camionnette, direction le quai des Orfèvres, et une fois là-bas, on commence l’interrogatoire. Enfin, si Georgette veut bien parce que CETTE PÉTASSE S’ÉVANOUIT LITTÉRALEMENT À LA PREMIÈRE QUESTION ! Mais wesh, elle a même pas un peu essayé d’être digne ! Breeeeeeeeeeef, on l’amène à l’hôpital et on interroge Maurice en attendant qu’elle finisse son cinéma.

Maurice ne s’évanouit pas, mais il joue les Ray Charles alors que les voisins le voyaient h24 livrer de la chaux vive à Marcel et repartir avec des valises. D’ailleurs, on retrouve lesdites (71 !) valises chez les Neuhausen, des amis de la famille, qui prétendent que les affaires à l’intérieur appartiennent à des Juifs que Marcel a aidé à quitter la France. Les policiers répondent « ok bro » et foutent tout ce beau monde à la prison de la Santé en attendant la fin de l’enquête.

Cette dernière est quelque peu dérangée par le suicide d’un moustachu dans un bunker et d’autres bails diplomatiques, mais tout le monde fait de son mieux. Les choses se compliquent encore un peu quand le commissaire Massu part en zonz pour collaboration. Il est remplacé par le commissaire Soutif, un ancien résistant. Celui décide d’utiliser un stratagème original (pour l’époque) pour choper le petit Petiot. Il publie un article dans un journal parisien en l’accusant d’être un collabo. Petiot répond à l’article, ce qui prouve qu’il est dans le coin. Il déclare même qu’il fait partie des FFI, ce qui simplifie la tâche des enquêteurs. Ils interrogent les membres du réseau, et ceux-ci confirment que oui, y a bien un gars chelou dans leurs rangs qui correspond à la description.

Petiot est retrouvé est arrêté le 31 octobre 1944. Tout le monde pousse un soupir de soulagement, sauf Soutif qui est accusé à son tour d’être un collabo (décidément). Il est remplacé par le commissaire Pinot, et le juge Coletti enquête avec eux pour être sûr que personne ne niaise. Il fait exposer les affaires retrouvées au 21 rue Lesueur et chez les Neuhausen, et les victimes finissent enfin par être identifiées (pour la majorité). On découvre alors que Petiot se faisait passer pour un passeur, mais que ceux qui venaient le voir pour passer la frontière passaient plutôt l’arme à gauche. Après lui avoir donné de l’argent et des objets de valeur, bien sûr. On découvre également que notre cher Marcel ne discriminait pas du tout: juifs, criminels, toxicos, prostituées, collabos, si ça voulait passer ça passait. Petiot nie tout et réussit à faire publier un livre sur le hasard (?) pendant qu’il est en cellule.

Le juge Coletti conclut l’instruction, les experts déclarent que celui qu’on appelle alors « Docteur Satan » est sain d’esprit (apparemment ce sont les mêmes experts que pour l’affaire Papin), et le procès de Marcel Petiot commence le 18 mars 1946. Vous pensez que le docteur/dealeur/meurtrier/fornicateur/résistant/antisémite/fdp va se tenir tranquille sur le banc des accusés ? NOPE !Le premier jour du procès, il se justifie en disant que lui, au moins, n’a pas prêté serment au maréchal Pétain. Le deuxième jour, il affirme avoir tué 63 personnes, toutes nazies et collabos. Le troisième jour, lui et son avocat S’ENDORMENT pendant la plaidoirie du procureur, et quand son avocat se réveille, il plaide pendant 7 HEURES !Les jurés devaient être dans le même état que moi à la fin du procès, parce qu’ils ne délibèrent que 2 heures avant de condamner Marcel Petiot à mort.

Le 25 mai 1946, il fume une dernière clope à la prison de la Santé, et ses derniers mots sont « ça va pas être beau à voir ».Il est pendu, puis enterré au cimetière d’Ivry, mais ses restes sont retirés de là quelques années après et personne ne sait où ils sont aujourd’hui. Ils ont disparu…comme par…magie

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