Salut tout le monde, j’espère que vous allez bien !
La dernière fois, je vous ai parlé d’un homme maltraité par le système qui a ému la France. Aujourd’hui je vais vous parler d’un homme que personne n’a maltraité (dans sa vie adulte en tout cas) mais qui a tout de même décidé de se faire justice lui-même, de manière brutale, n’inspirant que le dégoût. Sans plus attendre, voici l’affaire Hennequin !

Jean-Baptiste Hennequin naît en 1935 à Fresnoy-le-Grand, à 15km de Saint-Quentin. La ville compte moins de 3000 habitants, il y a une église, une gare et c’est à peu près tout. Vous voyez le genre.
À Fresnoy-le-Grand, la famille Hennequin inquiète. Pas à cause de Jean-Baptiste (pas encore), pas à cause de ses deux soeurs, mais plutôt à cause de son père. Celui-ci, dirigeant d’une bonneterie, se fait souvent remarquer. Il fait 1m90 pour environ 120kgs, il porte une cape et il a une longue barbe grise, donc il n’a même pas besoin de parler pour faire peur aux enfants. Il fait également peur aux adultes, parce que souvent après une journée au bistrot il se fâche avec un peu tout le monde. Quand il est soûl, il chante l’Internationale devant la gendarmerie ou sous les fenêtres du maire ou d’un pauvre instituteur. Mais ce n’est pas ce qui effraie le plus dans le village. Effectivement, si on l’appelle Landru, c’est parce qu’on a pas de nouvelles de sa femme. Depuis qu’elle a accouché de Jean-Baptiste, elle a tout simplement disparu. On ne la retrouvera d’ailleurs jamais.
Vous devez sûrement vous faire du souci pour bébé Jean-Baptiste mais ne vous inquiétez pas, son père n’a pas vraiment le temps d’avoir de l’influence sur lui. Déjà parce que la guerre éclate et qu’on se retrouve avec d’autres chats à fouetter, mais aussi et surtout parce qu’il meurt en 1940 dans un accident de voiture (mon hypothèse est qu’il était bourré et s’est empalé quelque part comme un benêt). Jean-Baptiste et ses soeurs se retrouvent ainsi orphelins, et sont séparés pour être placés dans différentes familles d’accueil.
On ne sait pas comment ça se passe pour les soeurs Hennequin. Pour Jean-Baptiste, on sait qu’il fait plusieurs familles d’accueil sans jamais trouver sa place. À 14 ans, alors qu’il se passionne pour les études, on l’oblige à arrêter l’école pour commencer à travailler. Amer, il continue quand même d’apprendre en autodidacte, cumulant son apprentissage avec des petits boulots qu’il n’aime pas du tout.
Il apprend, travaille, grandit et devient un homme solitaire, autoritaire, convaincu d’être le plus intelligent du monde et ne supportant aucune critique. En gros, le tonton chiant qui met toujours la politique sur la table aux dîners de famille et qu’on envoie jamais bouler parce qu’il est toujours là pour réparer la plomberie quand il le faut (en se plaignant bien sûr). Au travail, il fait du bon boulot, mais ses collègues le trouvent insupportable, et il déteste les patrons au point de toujours finir par démissionner.
Malgré ces défauts flagrants, il parvient à trouver l’amour. Il se marie, a trois enfants, mais l’union tourne mal et une procédure de divorce est engagée. C’est là que Jean-Baptiste passe de mec chiant à mec dangereux.
En 1967, il emmène sa femme en balade pour essayer de la reconquérir. Il doit très mal s’y prendre, puisqu’une dispute commence. Dans une démonstration glaçante de son sale caractère, il se jette sur sa femme et l’étrangle jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Après ça, il la déshabille, vole l’argent qu’elle a sur elle, balance ses vêtements dans un buisson et la laisse pour morte sur le bord de la route. Il a clairement l’intention de faire passer l’attaque pour un crime sexuel, mais c’est sans compter sur le coup de chance qui va sauver sa femme. Un automobiliste la voit sur le bas-côté et l’emmène à l’hôpital. Jean-Baptiste, lui, est condamné à trois ans de prison et le divorce est prononcé à ses torts exclusifs. Malheureusement, cette condamnation ne l’adoucit pas.
En 1985, Jean-Baptiste attaque à nouveau. Cette fois, sa victime est un “travesti” du bois de Boulogne. Le “travesti” dira plus tard qu’il a vu Jean-Baptiste faire pipi sur son lieu de travail et qu’il a simplement voulu le faire partir, tandis que Jean-Baptiste dira qu’il s’est fait attaquer sans raison et qu’il s’est simplement défendu (bah tiens). Les faits sont que Jean-Baptiste tire une balle de pistolet à grenaille dans la tête du “travesti”, qui perd un oeil. Pour cela, il est arrêté et examiné par un psychiatre, qui ne décèle aucun trouble majeur, si ce n’est une anxiété intense et chronique ainsi qu’une grande instabilité caractérielle. Au final, il est condamné à trois ans de prison, dont un an ferme, ce qui est très léger pour un récidiviste.
Après cette condamnation, Jean-Baptiste reprend sa vie. Il s’installe à Saint-Quentin, et s’éprend du Marais d’Isle, la réserve naturelle locale. Passionné de botanique et de mycologie, il s’y promène souvent.
Il vit dans un petit studio modeste de la rue de l’Est, et a des relations avec son voisinage digne d’un méchant dans Le jour où tout a basculé (quelle surprise). Travaillant la nuit, il hurle sur tout ce qui l’empêche de dormir, des oiseaux aux enfants qui pleurent dans le cabinet du psychiatre d’à côté. Il déteste particulièrement les chiens, allant jusqu’à gifler une pauvre dame parce que son compagnon à quatre pattes le dérange.
La seule chose qu’on lui reconnaît, c’est qu’il est intelligent et cultivé. Il parle très bien anglais, et donne des cours d’anglais pour une association de la ville, et est très proche de ses élèves. Il parle aussi espagnol, japonais, polonais et hébreu. C’est peut-être pour cela qu’il n’a pas de difficulté à trouver du boulot.
En parlant de boulot, il ne supporte toujours pas l’autorité. Si on l’écoute, tout le monde le persécute et il est le seul homme droit dans un rayon de 100 km. Il continue de passer d’un boulot à l’autre, et en 1990 il atterrit au Grand Hôtel, où il est embauché comme veilleur de nuit.

Le Grand Hôtel est ouvert depuis 1954, c’est un peu l’établissement chic du centre-ville.
Il appartient à Léo Roupioz et est géré par sa compagne Gisèle Kunstler.


Léo est une grande figure de la ville, un homme incontournable quand on s’intéresse au business local. Il possède plusieurs hôtels, plusieurs restaurants et une boîte de nuit dans la zone de Saint-Quentin. Il a aussi des agences de voyages dans la région parisienne, où il passe la majeure partie de son temps. Gisèle le soutient en gérant le Grand Hôtel. Elle a un fort caractère mais elle sait se faire aimer. Elle est particulièrement appréciée par Michèle Fabris, la réceptionniste, avec qui elle discute souvent de tout et de rien.

Michèle vient de se marier avec Stéphane, le veilleur de nuit que Jean-Baptiste remplace, et profite simplement du début de sa vie d’adulte. L’hôtel tourne bien et il semble y avoir une bonne ambiance de travail. C’est sans compter Jean-Baptiste, la bombe à retardement qui va tout faire basculer.
Travailler dans l’hôtellerie, c’est travailler dans un cadre strict, structuré. Hiérarchisé. Et Jean-Baptiste, il aime pas ça. Normalement, les gens s’adoucissent avec les années, mais malgré la retraite qui approche, il continue d’obstinément rejeter l’autorité. Il a des relations convenables avec certains de ses collègues, mais entre au fil du temps dans un conflit ouvert avec Gisèle, qu’il trouve tyrannique. Coupable par association, Michèle prend aussi son lot de critiques. Jean-Baptiste la trouve incompétente et lui reproche de tout rapporter à Gisèle, au point de l’appeler “L’oeil de Moscou”. Il dit même à un collègue qu’un jour on la retrouvera “étalée sur la réception”.
On arrive à le supporter pendant 7 ans, mais il repousse les limites, et Léo finit par devoir sévir. En 1997, il envoie à Jean-Baptiste un avertissement où il exige des excuses écrites pour des propos “grossiers et diffamatoires” qu’il aurait eu envers Gisèle. Il prépare également une deuxième lettre où il aborde le sujet de la retraite. Cependant, il n’aura jamais l’occasion d’envoyer cette lettre.
Le 19 janvier 1997, Jean-Baptiste prend son service comme d’habitude, mais cette nuit ne sera pas du tout habituelle. Vers 22h, il rentre chez lui et prend un .22 long rifle et une hachette au cas où l’arme à feu s’enraye. Il revient à l’hôtel et vers minuit, il entre dans la chambre où dorment Léo, 72 ans, et Gisèle, 66 ans. Il réveille le couple pour “discuter” mais Léo lui demande de partir, ce qui déclenche la folie meurtrière de Jean-Baptiste.
Il attaque Léo tandis que Gisèle se réfugie dans la salle de bains. Il tue le pauvre homme à coups de hachette, puis part chercher Gisèle dans la salle de bains. Il la pousse sur le lit, lui tire une balle dans la tête et l’achève avec la hachette. Il descend ensuite à la réception pour prendre deux bouts de papier sur lesquels il écrit des mots qu’il dépose sur les corps. Sur le corps de Gisèle, le mot dit : “Pour 5 ans d’humiliations, de diffamations, de chantages, et de fausses accusations, de perpétuels acharnements, à semer la discorde parmi le personnel. […] Que cela te serve à toi et à tes semblables.” Sur le corps de Léo, le mot dit : “Pour ton indifférence, ta prétention, ton refus de dialogue, pour tes affaires douteuses et leurs victimes. […]Que cela serve aussi à tes semblables.”
Une fois qu’il a fini sa mise en scène macabre, il reprend son service et attend. Il attend Michèle. Quand celle-ci arrive vers 7h pour prendre son service, il l’attire dans le sous-sol, prétextant une fuite. Lorsqu’ils sont seuls, il liste ses griefs à la pauvre réceptionniste de 32 ans avant de lui mettre une balle dans la tête et de lui asséner plusieurs coups de hachette.
Satisfait, il fait descendre Philippe Bertrand, le groom, toujours en utilisant le prétexte de la fuite. Il l’enferme dans le sous-sol, et lorsque Philippe lui demande de le laisser sortir parce qu’ils vont se faire engueuler si le travail n’est pas fait, Jean-Baptiste rétorque : “T’inquiète, les patrons ils feront plus chier, je les ai flingués”. Philippe, choqué, mentionne Michèle, ce à quoi son collègue répond : “La réceptionniste, je l’ai flinguée aussi. Elle est par là, dans la cave à vin.”
Jean-Baptiste laisse alors le pauvre groom dans le sous-sol et remonte pour servir le petit-déjeuner aux clients. Ensuite, il note dans le registre du personnel, à côté du nom de Michèle : “Absence définitive de l’intéressée”. Enfin, il vide la caisse et part avec 12000 francs (environ 2821 €), non sans laisser un mot précisant que cela correspond à sa paye et à ses congés payés.
On ne sait pas qui appelle les pompiers, et pourquoi cette personne parle de malaise et non de morts, mais toujours est-il qu’ils arrivent et découvrent les corps de Léo et Gisèle dans leur chambre. Il laissent la scène de crime intacte et préviennent la police, qui arrive pile au bon moment, puisque les pompiers sont appelés sur un incendie dans un studio rue de l’Est.
Les agents de police comprennent vite que la réceptionniste et le groom manquent à l’appel. Ils cherchent dans tout l’hôtel et finissent par trouver Philippe dans le sous-sol. Le pauvre groom leur raconte tout, et c’est ainsi qu’ils trouvent le corps de Michèle dans la cave à vin. Ils continuent leur début d’enquête et trouvent les mots ainsi que la caisse vidée.
Du côté des pompiers, lorsqu’ils arrivent au studio, le feu est déjà éteint, faute d’oxygène. Les différents départs de feu ne laissent aucun doute sur l’origine criminelle de l’incendie. Ils examinent le studio, qui est dans un état minable. Des vêtements, sacs, restes de nourriture et des centaines de journaux éparpillés un peu partout. En se renseignant auprès des voisins, ils apprennent que c’est l’appartement de Jean-Baptiste et préviennent les policiers, qui ont remarqué l’absence de la voiture de Michèle.
Un avis de recherche est créé avec la seule photo qu’on a retrouvée dans le studio de Jean-Baptiste (bah oui, il n’a ni ami ni famille, et on ne peut pas encore faire des selfies à l’époque). Les médias se sont déjà emparés de l’affaire, alors on peut dire que la France entière le recherche. La police surveille les gares et les hôtels de la région, sans succès.
Le 29 janvier, la polo de Michèle est retrouvée à Amiens. Les policiers trouvent la hachette encore ensanglantée dans le coffre, et des tracts publicitaires sur le capot. Ces tracts montrent que la voiture est là depuis le 20, et que Jean-Baptiste n’est donc plus en ville depuis un moment. Léger problème, la voiture est garée pile entre les deux gares d’Amiens, ce qui laisse deux possibilités : soit Jean-Baptiste est parti vers la gare Saint-Roch, et s’est donc dirigé vers la côte pour rejoindre le Royaume-Uni, soit il est parti vers la gare centrale pour rejoindre Paris.
Un mandat d’arrêt international est émis, Scotland Yard est prévenu, et une ligne téléphonique spéciale est mise en place. Des gens appellent pour dire qu’ils ont vu le fugitif sur Paris, alors les enquêteurs préviennent le syndicat de l’hôtellerie au cas où Jean-Baptiste essaierait de trouver du boulot. Cela ne donne rien, et c’est finalement en tant que client que Jean-Baptiste va être épinglé.
Le 22 mai 1997, durant la matinée, le gérant de l’hôtel La Nouvelle France appelle le commissariat du 10e arrondissement pour signaler le vol de sa recette, environ 5000 francs (environ 1175€). Il est convaincu que c’est un client qui a commis le crime, alors la police commence à fouiller les chambres. La plupart des clients les laissent faire, mais quand ils arrivent dans la chambre d’un certain M. Dampierre, ils trouvent un homme exaspéré qui veut en finir le plus vite possible.
Quand les policiers ouvrent son armoire, ils se retrouvent face à un M16 et des munitions. Naturellement étonnés, les policiers demandent à M. Dampierre ce qu’il fait avec tout ça, ce à quoi l’intéressé répond qu’il s’est fait agresser et qu’il n’est “pas du genre à se laisser faire”. Peu convaincus, les policiers poursuivent leur fouille et trouvent des coupures de journaux évoquant le drame du Grand Hôtel, ainsi qu’une carte orange au nom de…Jean-Baptiste Hennequin (faites semblant d’être surpris svp). Cependant, les policiers ne lisent apparemment pas les coupures de journaux puisqu’ils ne font pas le lien et arrêtent le fugitif pour détention d’arme illégale. C’est une fois au commissariat qu’ils mettent son nom dans le fichier et réalisent qu’ils vont avoir beaucoup de paperasse à faire.
En attendant que les policiers d’Amiens viennent chercher leur homme, les policiers de Paris discutent avec le meurtrier, qui ne gêne pas pour leur dire qu’il n’est qu’un petit gaillard persécuté qui s’est défendu face à des tortionnaires sans pitié qui lui ruinaient sa vie. Il ose même dire “Sur les 4 étoiles, le Grand Hôtel m’en devait au moins trois”. Bah c’est bien connu, on s’en fout des cuistos, des femmes de ménage, des grooms, des agents d’accueil, c’est sur les veilleurs de nuit que tout repose !

Le lendemain, les policiers d’Amiens viennent récupérer leur colis et l’amènent au juge d’instruction. Une foule l’attend devant le tribunal, réclamant sa mise à mort, et il n’aide pas son cas quand en sortant, il donne un coup de pied à un photographe. Il est ensuite amené en cellule, et je suis sûre qu’il se fait beaucoup d’amis en prison (non).
L’instruction avance, mais pas comme Jean-Baptiste le voudrait, alors lors de la reconstitution (à laquelle il refuse de participer) il engueule le juge d’instruction car selon lui il devrait enquêter sur les “vrais coupables”.
Le procès de Jean-Baptiste Hennequin commence le 17 juin 1999 devant la Cour d’assises de Laon. Le meurtrier se tient droit dans son costume trois-pièces, prêt à faire pleurer dans les chaumières avec ses récits de terribles persécutions aux mains de ses employeurs. Selon lui, c’était un supplice de travailler au Grand Hôtel. Par contre, quand on évoque son passé, il dit que ce n’est pas le sujet : “Moi, ce qui m’intéresse, c’est de parler des vrais coupables, de ceux que j’ai tués.” Après tout, ce serait dommage de détruire son image imaginée de victime parfaite en parlant de ses antécédents judiciaires. Il a même refusé l’expertise psychiatrique, donc on est obligé d’exhumer celle de 1985, qui est je pense suffisante. Enfin, on ne peut pas demander à ses proches de parler de lui à la barre parce que…y en a pas. Absolument personne ayant eu la malchance de faire partie de la vie de Jean-Baptiste n’a fait le déplacement. Mais bon, pas besoin d’eux puisque Jean-Baptiste s’enterre tout seul comme un grand, notamment en se tournant vers les proches de Michèle et en leur lançant que si elle avait eu une meilleure éducation elle serait encore en vie. Allez, je sais que vous en avez marre de lui, alors passons au verdict.
Le délibéré prend à peine une heure. Le 18 juin 1999, Jean-Baptiste est condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté pour assassinat et séquestration. Et vous vous rappelez de l’impossibilité de faire appel d’un procès d’assises qui a tant fait souffrir Guy Mauvillain ? Le verdict du procès Hennequin tombe un an presque jour pour jour avant la promulgation de la loi n°2000-516 (publiée au JORF le 16 juin 2000, avec un rectificatif le 8 juillet 2000) qui instaure la possibilité de faire appel d’un verdict d’assises. Jean-Baptiste tente donc un pourvoi en cassation, qui est rejeté le 19 avril 2000.
Malheureusement, le drame ne s’arrête pas après le verdict. Les familles des victimes sont traumatisées. Parmi eux, Stéphane, le mari de Michèle, ne s’est jamais remarié. Le Grand Hôtel, lui, a vu sa réputation dégringoler après les meurtres, et a finalement fermé ses portes en 2019.
Jean-Baptiste Hennequin est mort en prison en 2021, un réconfort minime pour toutes les personnes qu’il a fait souffrir. Le persécuté imaginaire ne pourra plus faire de mal à personne.


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